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La Resurrezione de Haendel à Metz, avec l’ensemble La Risonanza

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Metz. Arsenal. 13-X-2018. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : La resurezzione, oratorio en deux parties sur un livret de Carlo Sigismondo Capece. Avec Raffaella Milanesi, S. Maria Maddalena ; Francesca Cassinari, Angelo ; Francesca Ascioti, S. Maria Cleofe ; Krystian Adam, S. Giovanni Evangelista ; Renato Dolcini, Lucifero. La Rizonanza, direction : Fabio Bonizzoni

fabio_bonizzoniDans une partition de la carrière romaine de Haendel, les artistes de l’ensemble italien font preuve de tout leur savoir-faire. La Resurrezione comptera parmi les plus beaux fleurons des musiciens de La Risonanza.

Conçue par un jeune compositeur de vingt-cinq ans, La Resurrezione est le deuxième oratorio italien de Haendel. Si l’ouvrage n’atteint pas encore la dimension spirituelle et structurelle des grands ouvrages anglais à venir, il atteste cependant l’énergie, la verve et la veine mélodique d’un musicien fourmillant d’idées, soucieux visiblement de dépeindre musicalement le texte qui lui a été fourni. On retrouvera nombreux thèmes de cet ouvrage dans des compositions à venir. Les conditions fastueuses dans lesquelles la partition, commandée par le marquis Ruspoli, fut représentée à Rome, expliquent également la richesse et l’originalité de l’orchestration, Haendel ayant eu à sa disposition pas moins de quarante-cinq instrumentistes. De même, la qualité de ses chanteurs (il devait retrouver Margharita Durastanti à Londres près d’une vingtaine d’années plus tard) permettait une écriture vocale exigeante, demandant de la part des interprètes brio et virtuosité en plus de qualités d’expressivité non négligeables.

Avec La Risonanza, formation spécialiste de la musique italienne des premières années du XVIIIe siècle, on savait qu’on pouvait compter sur une prestation de qualité. Même si l’effectif atteint tout juste la moitié de ce dont disposait Haendel lors de la création, l’interprétation musicale est de toute beauté, et l’on aimerait nommer tous les instrumentistes de ce bel ensemble. Contentons-nous de citer la viole de gambe de Caterina Dell’Agnello et le premier violon de Jorge Manuel Jimenez Campos (la partie était tenue par Corelli lors de la création), sans oublier évidemment le clavecin du maître d’œuvre de la réalisation, le chef d’orchestre . Sur le plan vocal, le plateau est dominé par la bouleversante Marie-Madeleine de , dotée d’un soprano puissant et expressif. À ses côtés, fait plutôt pâle figure dans le rôle de l’Ange, dont elle n’a pas la virtuosité nécessaire pour faire impression dans le célébrissime « Disserratevi, o porte d’Averno ». Belle et noble prestation de la contralto , aux beaux graves cuivrés et à la belle présence scénique.

Chez les messieurs, on préférera presque la basse de , qui dresse de Lucifer, grâce à sa science des vocalises et ses mimiques un rien excessives, un portrait plutôt terrifiant. Dans le rôle de saint Jean l’Évangéliste, le ténor polonais possède quant à lui les belles couleurs barytonales qui siéent tellement aux parties de ténors haendéliens et il fait fort belle impression dans ses airs, même si le célèbre « Ecco il sol ch’esce del mare » est pris à un tempo étonnamment vif.

Belle soirée, donc, servie par des artistes spécialiste du genre, ce qu’aura reconnu un public visiblement comblé et enthousiaste.

Crédit photographique : © Marco Borggreve

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