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Louis-Noël Bestion de Camboulas, du Siècle des Lumières à la création contemporaine

Louis-Noël Bestion de Camboulas, lauréat de la bourse Déclics Jeunes 2013, le 4 juillet 2013, Paris. © Lucien Lung

, organiste et chef d’orchestre, crée avec la violiste l’, qui s’attache à la redécouverte de partitions oubliées du XVIIIe siècle, comme celles de Jean-Féry Rebel ou d’André-Cardinal Destouches.

« L’ambiance du département de musique ancienne de Lyon était très propice au travail de musique de chambre. »

ResMusica : Organiste victorieux au concours Xavier Darasse de Toulouse en 2013, chef de l’ensemble baroque Les Surprises, aussi à l’aise dans  que les cantates de Buxtehude, quel est votre parcours,?

Je suis issu d’une famille de cinq frères, tous musiciens professionnels. Nos parents étaient dans le monde du théâtre. Ils avaient une compagnie théâtrale, et nous avons très vite eu l’expérience de la scène, y compris du côté des coulisses et de la régie. Les trois plus jeunes ont suivi l’exemple des deux aînés dans leur pratique musicale. J’ai commencé l’orgue et le piano en même temps, à Luçon. Nous avions facilement accès à la tribune de l’orgue Cavaillé-Coll de Luçon, c’est ce qui a déterminé mon choix. Plus tard, j’ai abordé le clavecin au conservatoire de Nantes, ce qui m’a permis de faire de la musique de chambre et de sortir de l’isolement de la tribune d’orgue. J’avais déjà un intérêt pour la musique ancienne.

RM : Comment passe-t-on des claviers à la direction d’ensemble?

LNBC : L’, nous l’avons créé en 2010 avec – qui est maintenant mon épouse – et toute une équipe d’amis issus comme nous du CNSM de Lyon. L’ambiance du département de musique ancienne de Lyon était très propice au travail de musique de chambre et ce n’est pas par hasard que beaucoup d’ensembles se sont créés là-bas. C’est un lieu qui a compté pour nous. Dès le départ, l’ensemble s’est attaché au travail en grand effectif, parce que mon projet de master à Lyon était la recréation d’un opéra de Rebel et Francoeur, Le Ballet de la Paix, avec un travail de ré-écriture et la nécessité d’avoir un ensemble à grand effectif pour la représentation. C’est ce projet qui m’a conduit à la direction d’ensemble. J’ai ensuite étudié la direction plus généraliste au conservatoire d’Evry.

RM : Et comment s’effectue le choix du répertoire, au-delà de ce premier projet de master ?

LNBC : Dès le départ, j’avais envie de défendre le répertoire de la musique française du dix-huitième. Le nom « Les Surprises » vient précisément des Surprises de l’Amour de Rameau. On s’est rapidement tournés vers des répertoires peu connus, comme celui de Destouches avec le travail qu’on a entrepris sur Issé. Mais nous ne nous interdisons pas d’aller vers d’autres répertoires, comme dix-septième siècle allemand pour le disque Mysterien Kantaten. Au départ, le répertoire de cet enregistrement, c’est ce que j’aimais jouer à l’orgue et je ne voulais pas me priver de le faire aussi avec l’ensemble, avec des transcriptions pour cordes de pièces d’orgue de Pachelbel ou Buxtehude.

RM : Quels sont vos compositeurs de prédilection à l’orgue ?

LNBC : C’est compliqué de répondre à cette question, parce que ça va de Bach et ses prédécesseurs à ou Gabriel Fauré… Disons que j’aime autant Rameau que Ravel. L’intérêt des études d’orgue, c’est qu’on travaille des répertoires très variés parce que l’étendue du répertoire est immense et que ce serait dommage de passer à côté.

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RM : Comment se passe le recrutement au sein de l’ensemble ?

LNBC : On a une même base de musiciens fixes, et on élargit selon les besoins. Mais c’est important pour moi que la base soit toujours la même, le continuo, le premier violon, le basson.

RM : Pour ce qui est du répertoire baroque, qui est le cœur de cible des Surprises, est-ce que vous allez en bibliothèque ? Quelle est votre démarche musicologique ?

LNBC : Pour Les Surprises, ça m’arrive souvent de faire des recherches. C’était le cas, par exemple, pour le projet sur Les Eléments. Il y a eu de nombreuses versions différentes et il a fallu faire des choix, faire notre propre partition. Je suis allé à la BnF, et j’ai fait moi-même tout le matériel, comme sur la plupart des projets. J’aime bien réaliser la saisie des partitions, c’est un bon travail préparatoire. Pour le prochain projet, celui d’Issé de Destouches que l’on va reprendre et enregistrer à l’automne, c’est un projet de re-création assez long pour lequel nous avons eu l’aide du CMBV pour l’élaboration de la partition. Il s’agit donc d’un partenariat, et la partition nous a été fournie « clefs en mains ». Il faut dire que la numérisation des banques de données comme Gallica nous permet de faire beaucoup de recherches nous-même sans avoir besoin de se déplacer en bibliothèque.

RM : Vous dirigez souvent depuis le clavier, et parfois debout devant l’orchestre quand l’effectif est plus important. Que préférez-vous ?

LNBC : Ça dépend en effet de l’effectif. Jusqu’à quinze, comme pour Les Éléments, c’est encore un effectif de chambre et je préfère être au clavier, ça permet une direction assez dynamique depuis le clavecin. Pour Issé, nous serons une cinquantaine et je serai en direction « manuelle », c’est agréable aussi de diriger avec tout son corps. C’est quelque chose que je vais développer parce qu’on prévoit dans l’avenir plus de projets à grand effectif.

RM : Parlez-nous justement de vos projets.

LNBC : Issé sera donné en octobre à Pontoise et à l’opéra de Versailles, puis enregistré par le label Ambronay, dont nous sommes partenaires. J’ai aussi un projet avec mon frère Simon-Pierre et sa compagnie La Tempête, où j’interviendrai comme claveciniste soliste dans un programme de concertos avec aussi de la musique contemporaine. C’est plutôt rare qu’on travaille ensemble avec mes frères. Quant aux projets d’orgue, il y a un disque qui va sortir en 2019 et qui clôturera ma résidence sur le Cavaillé-Coll de Royaumont, avec un programme fin dix-neuvième, début vingtième.

Crédits photographiques : Louis-Noël Bestion de Camboulas © Lucien Lung/Fondation de France ;  Les Surprises © Alain Huc de Vaubert

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