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David Afkham et Gautier Capuçon avec les Münchner Philharmoniker

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Munich. Philharmonie. 28-X-2018. Olivier Messiaen (1908-1992) : Les offrandes oubliées, méditation symphonique pour orchestre ; Henri Dutilleux (1916-2013) : Tout un monde lointain, concerto pour violoncelle et orchestre ; Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n° 1 op. 68. Gautier Capuçon, violoncelle ; Münchner Philharmoniker, direction : David Afkham

Muenchner_Philharmoniker_credit_Hans_EngelsDans la riche offre symphonique de la capitale bavaroise, ce sont les Philharmoniker qui offrent le plus souvent l’occasion de passer en revue les prometteurs talents des nouvelles générations.

, aujourd’hui directeur musical de l’Orchestre national d’Espagne, n’en est plus à ses débuts à Munich, mais le programme choisi aujourd’hui ne lui permet pas de briller autant qu’il y a deux ans. Il n’est pas en son pouvoir de tirer des Offrandes oubliées du jeune Messiaen plus que ce qui s’y trouve, des couleurs, du mouvement, mais guère de profondeur. Mais la pièce maîtresse de la première partie, le célèbre Tout un monde lointain de Dutilleux, a trouvé depuis des années un défenseur fervent en la personne de : c’est moins une interprétation qu’une incarnation, où sa virtuosité sans affèterie et une palette de couleurs sans égal, notamment dans l’aigu, s’effacent derrière l’œuvre qu’elles font briller – il est incompréhensible que, dans la discographie bien fournie de cette œuvre, son nom n’y figure pas encore.

La Symphonie n° 1 de qui clôt le concert suscite des sentiments partagés. Dans une œuvre aussi rebattue, on a sans doute tort de demander toujours du brio, une approche inouïe, la révélation d’aspects inédits ; dans le cas présent, un peu plus de fougue, une approche plus incarnée auraient été bienvenues, et même un peu plus de couleurs – l’acoustique redoutée de la Philharmonie n’est à vrai dire sans doute pas pour rien dans cette distance qui subsiste entre l’œuvre et l’auditeur. Mais, à défaut d’une séduction immédiate, le public peut apprécier la rigueur analytique qu’Afkham met au jour : son interprétation a de l’ampleur, mais les grands sentiments postromantiques ne sont pas son fait, et le travail de surface sur un son « germanique » encore moins ; ce qui compte ici, c’est la structure musicale, et ce n’est pas une expérience sans intérêt pour l’auditeur.

Crédits photographiques : © Hans Engels

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