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Récital Bach avec Benjamin Appl

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : « Willkommen, werter Schatz! » extrait de la cantate « Schwingt freudig euch empor » BWV 36 ; sinfonia extraite de la cantate « Ich hatte viel Bekümmernis » BWV 21 ; « Am Abend, da es kühle war … Mache dich, mein Herze, rein » et « Gebt mir meinen Jesum wieder » extraits de la Passion selon Saint Matthieu BWV 244 ; « Es ist vollbracht » extrait de la cantate « Sehet, wir gehn hinauf gen Jerusalem » BWV 159 ; sinfonia extraite de la cantate « Mer hahn en neue Oberkeet » BWV 212 (dite « cantate du paysan ») ; « Zu Tanze, zu Sprunge » extrait de la cantate BWV 201 ; « Kron und Preis gekrönter Damen » extrait de la cantate « Tönet, ihr Pauken » BWV 214 ; sinfonia extraite de la cantate « Die Elenden sollen essen » BWV 75 ; « Er ist mein Licht, mein Leben » extrait de la cantate « Was Gott tut, das ist wohlgetan » BWV 99 ; « Siehe, ich will viel Fischer aussenden » extrait de la cantate « Siehe, ich will viel Fischer aussenden » BWV 88 ; « Was des Höchsten Glanz erfüllt » extrait de la cantate « Höchsterwünschtes Freudenfest » BWV 194 ; sinfonia extraite de la cantate « Ich steh mit einem Fuß im Grabe » BWV 156 ; « Ach, soll nicht dieser große Tag » et « Seligster Erquickungstag » extraits de la cantate « Wachet! betet! betet! wachet! » BWV 70 ; sinfonia extraite de la cantate « Christ lag in Todesbanden » BWV 4 ; « Bist du bei mir » BWV 508 ; « Jesu, bleibet meine Freude » extrait de la cantate « Herz und Mund und Tat und Leben » BWV 147. Benjamin Appl, baryton. Concerto Köln. 1 CD Sony Classical. Enregistré en avril 2018. Notice de présentation bilingue (anglais et allemand). Durée : 67:43

 

ApplLe baryton allemand emmène son public dans une compilation d’airs de bravoure et méditatifs de Bach. Avec les instrumentistes du et l’une des plus belles voix graves du moment, les amoureux du Cantor de Leipzig seront à la fête.

De plus en plus réservés aux contre-ténors, les récitals d’arias de Bach semblent avoir été quelque peu négligés ces dernières années par les voix graves. C’est donc avec le plus grand plaisir qu’on découvre ce nouveau récital du baryton allemand , plus connu au disque pour ses prestations dans le répertoire de lieder. La sélection opérée, qui donne à entendre des extraits de la Passion selon Saint Matthieu mais également des airs extraits de cantates sacrées ou profanes, permet de découvrir un très large éventail de la production vocale de Bach. Elle alterne également airs connus et pages plus rares et, selon un principe maintenant bien acté dans les récitals de nos chanteurs baroques toutes tessitures confondues, morceaux de virtuosité et pièces plus méditatives. Le programme atteste en tout cas l’extrême variété des procédés compositionnels du Cantor de Leipzig, et surtout l’acuité de son sens dramatique. À cet égard, la modernité de l’air « Seligster Erquickungstag », extrait de la cantate « Wachet! betet! betet! wachet! », reste pour le moins, avec la liberté de sa structure, stupéfiante.

Le choix des morceaux permet également de faire valoir l’extraordinaire qualité des instrumentistes du , telle qu’elle ressort de certaines des sinfonie intermédiaires mais également des solos obligés qui accompagnent les airs à proprement parler. On n’aura que des compliments pour les sublimes solos de violon ou de hautbois, ou encore pour la bravoure de la trompette, particulièrement mise en valeur au cours de l’air « Kron und Preis gekrönter Damen » de la cantate « Tönet, ihr Pauken » ; il s’agit d’un air qu’on retrouvera plus tard dans L’Oratorio de Noël. Mention spéciale pour les deux cors qui mêlent leur timbre aux trois hautbois de l’air « Siehe, ich will viel Fischer aussenden » extrait de la cantate du même nom.

Sur le plan vocal Benjamin Appl a toutes les qualités requises pour rendre justice à ces pages. Son baryton souple et flexible le destine tout naturellement aux airs de bravoure dont les redoutables vocalises ne lui posent aucune difficulté, ni en précision ni en justesse. Le velours du timbre, qui n’est pas sans rappeler celui de son mentor Dietrich Fischer-Dieskau, en fait également l’interprète idéal des pages plus contemplatives, soutenues par un legato de miel. Si l’instrument est clair, lumineux et homogène, on notera toutefois qu’il est un peu court pour les tessitures les plus graves, le baryton ayant quelque mal à négocier les passages résolument écrits pour voix de basse. Peut-être le chanteur a-t-il également hérité de son maître une certaine préciosité dans la sur-articulation du texte, défaut qui sans doute disparaîtra avec les années de la maturité. On aurait tort en tout cas de se priver d’une aussi belle compilation d’airs écrits par Bach pour voix de basse ou de baryton.

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