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Débuts de Gianandrea Noseda au LSO avec Chostakovitch

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 8 en ut mineur op. 65. London Symphony Orchestra, direction : Gianandrea Noseda. 1 SACD hybride. Notice trilingue. Enregistré en concert au Barbican (Londres) le 8 avril 2018. Durée : 65:08

 

Pour entamer son mandat de premier chef invité du , démarre concerts et enregistrements avec

Noseda_chostakovitch8_LSO0822Après une Symphonie n° 5 publiée en juin dernier mais disponible uniquement en téléchargement et sur les plateformes musicales courantes, le label du LSO investit en faisant paraître en ce début d’automne la Symphonie n° 8 en format SACD hybride. Si la publication est rapprochée, deux années séparent ces enregistrements, et la différence est très sensible. La Huitième, enregistrée en concert en avril dernier, sonne de manière beaucoup plus personnelle et concentrée que la Cinquième, et ce n’est pas lié aux caractéristiques propres des œuvres.

Pour appuyer sa légitimité stylistique, le chef italien bénéficie de sa propre expérience de premier chef invité au Théâtre Mariinski, et de l’expérience accumulée par le LSO dans ce répertoire avec Haitink et Gergiev depuis des décennies. Cela ne s’entend guère dans l’enregistrement de la Symphonie n° 5, qui ne se distingue pas vraiment du tout venant de l’interprétation occidentale de cette musique, laquelle la romantise ou la « cinématise » en passant à côté de son double langage. Double langage qui était certes une question de survie sous la terreur stalinienne, mais qui tire peut-être aussi sa source dans la double influence en Russie de l’Europe et de l’Asie.

En revanche dans la Symphonie n° 8, vraisemblablement le plus haut sommet de l’œuvre symphonique de Chostakovitch, on se situe au meilleur niveau actuel, tant sur le plan des climats, de la pure virtuosité orchestrale, que de la capacité à garder la tension sur toute la distance, ce qui est peut-être le plus difficile à faire. Sans remettre en cause la hiérarchie actuelle de la discographie  qui reste dominée par les Russes historiques, d’une acidité et d’un mordant encore sans équivalent,  s’impose comme un chef de premier ordre dans Chostakovitch.

Ironie de notre époque nostalgique tentée par les gloires passées et les solutions simplistes, alors que la Russie actuelle remet Staline à l’honneur, on se surprend à trouver que l’interprétation de l’Adagio initial est d’une noirceur particulière, empreinte d’un pessimisme et d’un humanisme tragique qu’il ne serait plus de bon ton d’afficher à Moscou. Ne serait-ce pas le meilleur compliment qu’on puisse faire à Noseda et au LSO ?

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 8 en ut mineur op. 65. London Symphony Orchestra, direction : Gianandrea Noseda. 1 SACD hybride. Notice trilingue. Enregistré en concert au Barbican (Londres) le 8 avril 2018. Durée : 65:08

 
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  • Michel LONCIN

    Il y a CINQ sommets dans la production symphoniques de Dimitri Chostakovitch : les 4ème, 8ème, 10ème, 14ème et 15ème Symphonies … Difficile voire même impossible de déterminer laquelle est « LE » chef d’œuvre absolu !!! S’agissant de la 8ème, j’ai dans l’oreille, outre Kondrachine, Andris Nelsons, il y a quelques années à Lucerne, avec le Concertgebouw, passée sur la chaîne Musicmedia … à l’opposé absolu de ce « tout venant de l’interprétation occidentale » ET Valery Gergiev et son Mariinski, à Paris, à la Salle Pleyel … démontrant que dans la Russie actuelle, de Staline, n’est remis « à l’honneur » que l’immense sacrifice russe durant la Seconde guerre mondiale et sa victoire contre le nazisme qu’elle a été la SEULE à affronter durant trois années (1941-42-43) !!!

    • Martin Antoine

      Relecture de l’histoire ??? Et Chosta est effectivement un des compositeurs qui le permet
      1/ oubli du pacte germano-soviétique !!!
      2/ arrivée des USA fin 1941 au départ essentiellement sur le front asiatique et par contre nos amis anglais ont subi les assauts aériens allemands dès l’été 1940 .
      Il est donc très réducteur ( voire faux ) de dire que l’URSS de Staline a été seule contre les troupes allemandes pdt 3 ans ce même si le souvenir de la « grande guerre patriotique » reste toujours très vivace dans la Russie actuelle .
      Amicalement .

      • Michel LONCIN

        Ne faisons pas de politique mais le « pacte germano-soviétique » est la réponse de Staline au pacte de « Munich 1938 » des « démocraties » occidentales, si manifestement destiné à détourner la foudre nazie « vers l’est » (rappelons que ni la Tchécoslovaquie, ni l’URSS n’ont été « autorisées » à participer à ces … « négociations ») … Evidemment, dire cela est considéré comme « hérésiarque … « à l’ouest » !!!
        Quant à ces trois années (1941-42-43), je les mets en évidence car l’URSS a dû supporter le « poids » de l’offensive terrestre de quasi toute la de la puissance allemande … lors que l’Angleterre ne luttait qu’en Afrique contre une « Afrikakorps » sans commune mesure avec le « front de l’est (le « Blitz » s’était quasi terminé après le dernier bombardement de Londres du 10 mai 1941) …

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