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Prise de baguette un peu figée d’Andris Nelsons à Leipzig

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Steffen Schleiermacher (né en 1960) : Relief pour orchestre; Alban Berg (1885-1935) : Concertos « à la mémoire d’un ange ». Felix Mendelssohn (1809-1847) : Symphonie n°3 « écossaise » Accentus ACC20443. Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, Andris Nelsons, Baiba Skride (violon). Enregistrement réalisé à Leipzig les 22 et 23 février 2018. Notice trilingue : français, anglais et allemand. Durée : 1heure 33’.

 

Nelsons-SkridePour sa prise de baguette au Gewandhaus de Leipzig en février 2018, avait choisi un programme emblématique de ses choix esthétiques : référence inévitable à Mendelssohn, la figure tutélaire historique de l’orchestre, mais aussi ancrage dans le XXe et même le XXIe siècle. Toutefois, la solennité de la circonstance rejaillit sur le caractère assez empesé d’une exécution trop figée malgré la beauté sonore de la phalange.

Le concert s’ouvrait par Relief pour grand orchestre, une commande de circonstance passée au très prolixe Steffen Schleichermacher, qui use exactement du même effectif orchestral que le concerto de Berg qui suivait (c’était d’ailleurs le cahier des charges). Partition certes bien écrite pour mettre en valeur les différents pupitres du Gewandhaus, mais sans rien qui marque vraiment l’auditeur. Beaucoup plus intéressant évidemment, le Concerto à la mémoire d’un ange de Berg permettait de retrouver la grande violoniste, lettonne comme le chef, , premier grand prix du Concours Reine Elisabeth en 2001. Superbe lecture empreinte d’émotion et de tendresse, bouleversante même dans sa conclusion, magnifiquement accompagnée de façon particulièrement attentive par Nelsons. C’était bien là le sommet du concert.

Car la Symphonie écossaise donnée en deuxième partie soulève bien d’autres questions. Le choix de tempi particulièrement modérés, surtout dans le premier mouvement, vraiment très lent, peut surprendre tant il reflète une volonté de faire grand chez Nelsons qui ne correspond pas forcément à la nature de l‘œuvre, tirée vers un certain romantisme tardif, presque wagnérien, et un peu hors de propos. L’orchestre que l’on sent suspendu à la baguette du chef est manifestement désireux de donner le meilleur de lui-même mais la lecture peine à se libérer et reste trop contrôlée, malgré sa beauté sonore incontestable (hormis les trompettes de la coda finale, curieusement criardes). Manifestement cette exécution de circonstance reste trop dépendante de la solennité de l’intronisation de Nelsons pour offrir à l’auditeur le meilleur de l’association Nelsons-Gewandhaus qui n’a pas encore trouvé son équilibre si l’on en croit des CDs Bruckner parus chez DG, plutôt globalement décevants. On l’a souvent vérifié, l’alchimie entre un chef et son orchestre ne se matérialise pas toujours dès le premier contact. Attendons donc les futures gravures de Nelsons et du Gewandhaus de Leipzig pour être convaincu de la pertinence de leur association.

 

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