Elgar et Bloch galvanisés par le violoncelle de Gary Hoffman

À emporter, CD, Musique symphonique

Ernest Bloch (1880-1959) : Schelomo, Rhapsodie hébraïque pour violoncelle et orchestre ; Edward Elgar (1857-1934) : Concerto pour violoncelle en mi mineur, op. 85. 1 CD La Dolce Volta LDV 42. Gary Hoffman, violoncelle ; Orchestre philharmonique royal de Liège, dir. Christian Arming. Enregistré à la salle philharmonique de Liège, 4-8 juillet 2017. Notice : français, anglais, allemand, japonais. Durée : 51:34

 

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hoffman_bloch_elgarUn même flot poétique et émouvant parcourt deux des plus précieux concertos pour violoncelle et orchestre du début du XXe siècle. en exacerbe le sentiment commun de déréliction qui structure les œuvres contemporaines d’Elgar (1919) et Bloch (1916).

Ce couplage intéressant se justifie par la traduction musicale (et universelle) d’, suisse naturalisé américain,  face aux traumatismes de la Première Guerre mondiale et du Britannique Elgar touché par la disparition de son épouse.

Le violoncelle de expose avec passion et sincérité le désespoir dispensé par Schelomo, œuvre inspirée du roi Salomon dans l’Ecclésiaste. Son jeu profond et inspiré fait alterner accablement et irrésistible envolée épique. L’impact sur l’auditeur est du registre de la profession de foi que l’ et son chef amplifient et rendent inoubliable. Cette lecture incandescente mérite de figurer aux côtés des réussites passées de , maître révéré d’Hoffman, secondé par Eliahu Inbal (Philips).

La dernière grande œuvre d’, créée à Londres par Felix Salmond sous sa baguette, s’inscrit dans un registre un peu différent certes mais totalement emprunt d’inquiétude que chacun des quatre mouvements décline à partir d’un thème principal aussi prégnant qu’inoubliable. On a tous à l’esprit le jeu bouleversant de Jacqueline Du Pré avec John Barbirolli à la tête du London Symphony Orchestra gravé en août 1965. Hoffman s’approche de cette perfection expressive et réalise une magnifique performance digne de l’art de Starker dirigé par Leonard Slatkin (RCA, 1992) mais sans doute avec davantage d’urgence. La gravure de 1945 de Pablo Casals et Boult conserve sa valeur de témoignage historique.

Ces deux musiques dues à des créateurs taraudés par de profondes interrogations existentielles inspirent Gary Hoffman et les musiciens de Liège qui nous les transmettent au prisme de leur lecture fervente.

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