Concert Paris-Vienne à la Philharmonie par Jean-François Heisser

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Paris. Cité de la Musique, Salle des concerts. 24-XI-2018. Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après-midi d’un faune, transcription de Hanns Eisler et Benno Sachs. Maurice Ravel (1875-1937) : Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 4 en sol majeur, transcription d’Erwin Stein. Clarisse Dalles, soprano. Victoire Bunel, mezzo-soprano. Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine, direction : Jean-François Heisser

Cité Heisser BrunelDans le cadre d’un week-end Debussy-Ravel, la Philharmonie de Paris invitait le même jour l’ONL, l’ONBA et l’Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine, ce dernier dirigé par son directeur musical pour un programme Paris-Vienne dans lequel nous avons pu entendre deux jeunes voix françaises, celles de la mezzo et de la soprano .

Lors d’une saison parisienne où plus d’une demi-douzaine de Quatrième de Mahler sont programmées sous de célèbres baguettes, comme celles de Dudamel, Haitink ou Temirkanov, propose avec l’Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine la version réduite d’Erwin Stein, entendue déjà par les mélomanes parisiens au Musée d’Orsay il y a quelques années avec Maxime Pascal quand, au même moment, le chef Clément Mao-Takacs utilisait la mouture plus récente de Klaus Simon.

La symphonie la plus chambriste de Mahler ne souffre pas particulièrement d’une réduction à moins de vingt, surtout lorsque la qualité des instrumentistes est au rendez-vous, comme à la Salle des concerts de la Cité de la Musique ce samedi sous la baguette attentive et intègre de Heisser. Seule la coda du Ruhevoll perd véritablement en force par le manque de cordes et le remplacement de tous les cuivres par un simple harmonium, tandis qu’avant et après, les pizzicati des deux uniques contrebasses se voient parfaitement renforcés grâce à l’appui du piano.

En plus de trois bois remarquables dont se démarque ici la clarinette, la symphonie permet d’entendre au Finale la jeune soprano , d’une voix légère et lumineuse lors du lied du Knaben Wunderhorn utilisé par le compositeur autrichien. En première partie, une autre jeune Française, la mezzo-soprano , porte avec attention les Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé de . Sa diction parfaite au début de chaque phrase perd quelque peu en netteté vers la fin, mais la chanteuse possède déjà suffisamment de caractère pour développer un véritable sens du phrasé et porter les mots du poète.

L’accompagnement bénéficie là encore de la qualité des quelques musiciens présents ainsi que du chef, redevenu le temps d’un instant pianiste pour diriger l’ensemble depuis son instrument. Il était d’abord apparu au micro pour un court discours explicatif sur la création, entre autre par Ravel, de la Société nationale de musique au sortir de la Première Guerre mondiale en 1918, en même temps qu’il replaçait dans le programme le Prélude à l’après-midi d’un faune au début et non en seconde position, précisant au passage « qu’il est toujours plus naturel de débuter par le prélude ». Le chef-d’œuvre de Debussy donné dans la version de chambre du compositeur autrichien revue par Benno Sachs, bénéficie des mêmes instrumentistes que la symphonie de Mahler ensuite, avec déjà des bois de très belles factures et un harmonium bien adapté pour faire oublier les cuivres.

Crédits photographiques © Avatam studio

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