Edgar Moreau explore les marges du répertoire concertant pour violoncelle

À emporter, CD, Musique symphonique

Jacques Offenbach (1819-1880) : Grand concerto pour violoncelle et orchestre (« Concerto Militaire ») en sol majeur. Friedrich Gulda (1930-2000) : Concerto pour violoncelle, orchestre à vents opus 129. Edgar Moreau, violoncelle. Ensemble Les forces majeures, direction : Raphaël Merlin. 1 CD Erato . Enregistré du 9 au 15 août 2017 à Villefavard. Notice trilingue (français, anglais, allemand) Durée : 73:36

 

Moreau

Le jeune nous livre un disque au programme original mais déconcertant qui associe le long concerto écrit par Offenbach pour son propre compte et le concerto bizarrement hétéroclite composé par pour

Voici un disque au programme original et assez curieux. Le « concerto militaire » d’Offenbach fut écrit en 1847 par le jeune musicien désireux de briller comme violoncelliste, puis perdu après une première exécution (d’ailleurs sans doute parcellaire) avant d’être reconstitué et publié par . L’œuvre est (trop) longue, dépassant les quarante minutes, et sa recherche effrénée de virtuosité prend le pas sur une inspiration assez faible ; seul le finale justifie le qualificatif de concerto « militaire ». Avouons cependant que la verve du futur maître de l’opérette n’est encore qu’esquissée dans cette page bancale.

Quant au concerto de écrit en 1980, il relève carrément du canular musical. Composé pour , il oppose le violoncelle à un orchestre à vents renforcé d’une batterie, d’une guitare et d’une guitare électrique dans un style composite qui mêle rock (premier mouvement), musique de kermesse pour cuivres (finale), échos nostalgiques d’une Autriche sentimentale et une cadence de grande ampleur durant laquelle l’interprète a la liberté d’improviser (on sait que Gulda lui-même aimait improviser au piano, y compris durant ses récitals). L’œuvre peut séduire mais ce bricolage esthétique rappelle surtout que Gulda était un pianiste très doué qui a gâché son talent par un goût excessif de la provocation et ses excentricités. Pour ce programme disparate et amusant, fait preuve d’une virtuosité inattaquable, mais n’égale pas dans le concerto d’Offenbach l’émotion que dans la première gravure de l’œuvre (DG) avait su trouver notamment dans la touchante romance centrale. Surtout, Pernoo bénéficiait de l’accompagnement subtil et raffiné de Marc Minkowsky alors que celui des Forces majeures manque de finesse. Quant au concerto de Gulda, le peu d’intérêt de l’œuvre elle-même conduit à conseiller à ceux qui voudraient vraiment l’entendre de se tourner plutôt vers les créateurs, Schiff et Gulda lui-même qu’on recherchera sur un ancien Amadeo…

En conclusion, deux pages étranges où Edgar Moreau fait de son mieux pour convaincre sans vraiment y parvenir.

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