Leticia Gómez-Tagle dans les sonates en si mineur

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Frédéric Chopin (1810-1849) : Sonate pour piano n° 3 en si mineur op. 58. Franz Liszt (1811-1886) : Sonate pour piano en si mineur S. 178. Domenico Scarlatti (1685-1787) : Sonate en si mineur K. 87. Leticia Gómez-Tagle, piano (Steinway D, n° 604.201). 1 Hybrid SACD Ars Produktion. Enregistré entre les 4 et 6 septembre 2018, au Kulturzentrum Immanuel, Wuppertal (Allemagne). Textes de présentation en anglais, allemand et espagnol. Durée totale : 65:05

 

Leticia Gomez Tagle sort son troisième disque chez Ars Produktion (le « Label de l’année » des ICMA 2019), pour lequel elle aborde trois sonates en si mineur. Un projet aussi fascinant que laissant un peu sur la faim.

est une artiste connue mondialement à partir de la parution en 2016, et sous la même étiquette allemande, de l’album intitulé Passion de la danse. Si cette réalisation nous avait fait découvrir une pianiste sensible à la précision rythmique et au côté mélodieux des œuvres présentées, ce nouveau disque met en évidence ses préoccupations de clarté de la forme et une certaine modération, tout autant qu’une probité dans l’expression dramatique.

La Sonate pour piano n° 3 en si mineur op. 58 de est, sous les doigts habiles de Leticia Gómez-Tagle, d’une transparence de textures exemplaire et d’une variété de teintes qui caresse l’oreille. Pour cette lecture, on apprécie particulièrement la dextérité manuelle de la soliste dont le jeu est direct et plein de finesse. Mais il est aussi toutefois, en quelque sorte, dénué de la profondeur poétique et de l’ardeur qui paraissent inhérentes à cette partition.

En ce qui concerne la Sonate pour piano en si mineur S. 178 de , nous avons affaire, encore une fois, à une exécution riche en couleurs, mais également, parallèlement, un brin trop mesurée. Est-ce que chaque interprète de cette page devrait bouleverser l’auditoire par un dramatisme intense et une virtuosité à l’instar d’un Horowitz ? Bien évidemment, non, et la qualité de cette prestation est ailleurs : dans la pureté et la rhétorique d’un jeu rendant la structure de l’œuvre claire et permettant d’en faire ressortir des nuances harmoniques parfois imperceptibles. À la fin de ce récital, Leticia Gómez-Tagle nous sert la Sonate en si mineur K. 87 de , pour laquelle elle met en lumière le caractère mélancolique de cette composition baignée de douceur.

Voici un album intéressant en termes de programme et remarquable du point de vue de la qualité technique de la prise de son et du travail d’ajustement du piano dont la sonorité cristalline émerveille.

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