Cantates à la première personne du Cantor par le Banquet Céleste

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Cantate Ich Habe Genug BWV 82 ; Chorale prélude Allein gott in Der Höh Sei Ehr BWV 662-664 pour orgue seul ; Cantate gott soll allein mein Herze haben BWV 169 ; Prélude et fugue en la mineur BWV 543 pour orgue seul. Maude Gratton, orgue. Damien Guillon, contreténor. Céline Scheen, soprano. Nicholas Scott, ténor. Benoît Arnould, basse. Le Banquet céleste, direction : Damien Guillon. 1 CD Alpha. Enregistré en novembre 2018 à l’église réformée du Bouclier à Strasbourg. Durée : 74:07

 

ALPHA-448-COVER-V5-1-pdfAnnée anniversaire pour qui fête ses dix ans. Ce deuxième disque consacré aux cantates de confirme la bonne impression du concert de mars dernier sur ce même programme.

Les Cantates BWV 169 et 82 relatent un tournant dans l’œuvre somptueuse du Cantor de Leipzig. Des arias particulièrement travaillées pour une voix soliste et un ensemble instrumental relativement restreint (deux violons, une viole et un violoncelle, une contrebasse, un clavecin, hautbois, hautbois d’amour et taille de hautbois, et un basson) font désormais ici l’objet de l’attention de .

L’intensité de la célèbre cantate pour voix d’alto Ich habe genug BWV 82 destinée à la fête de la Purification de la Vierge Marie en 1727, s’exprime dans ce disque avec une agréable expressivité empreinte de sérénité, entre introspection et dramatisme lyrique, que le contreténor maîtrise à la perfection tant il l’a interprétée à de multiples reprises. La grâce du chant se distille par le biais d’une diction travaillée et une rhétorique baroque somme toute naturelle. La profondeur des intentions s’équilibre subtilement avec la luminosité du timbre du chanteur dont la voix est en parfaite harmonie avec les instruments, et notamment l’orgue qui compose le continuo, choix judicieux pour donner de l’épaisseur à cet ensemble d’une petite dizaine de musiciens sans toutefois que l’instrument prenne le dessus sur les cordes ou les autres instruments à vent.

Des textes poétiques de Christophe Birkmann (1703-1771) « à la première personne », d’un genre nouveau donc, fondent également la cantate Gott soll allein mein Herze haben écrite en 1726 pour le dix-huitième dimanche après la Trinité. Après une superbe Sinfonia à l’orgue aussi festive que virtuose, le dépouillement est de mise que ce soit dans le chant serein puis funèbre du contreténor, qu’à l’orgue qui dialogue avec délicatesse avec la voix et quelques instrumentistes, soutenu par une technique de jeu élogieuse. Enfin, l’organiste choisit de compléter cette programmation avec trois Chorales préludes pour orgue seul BWV 662-664 et un Prélude et fugue en la mineur BWV 543 renversant pour la dernière plage de ce disque !

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