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Le minimalisme réjouissant de Dessner et des sœurs Labèque

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Bryce Dessner (né en 1976) : Concerto pour deux pianos. Haven. El Chan. Katia et Marielle Labèque, pianos. David Chalmin et Bryce Dessner, guitares. Orchestre de Paris, Matthias Pintscher, direction. 1 CD Deutsche Grammophon. Enregistrés à la Philharmonie de Paris, en octobre 2018 (Concerto), à La Fabrique des Ondes, en janvier 2019 (Haven), au Studio KML, à Rome, en juin 2018 (El Chan). Notice en français. Durée totale : 46:22

 

28948180752Le tempérament de Katia et fait merveille dans trois œuvres de . Un véritable feu d’artifice de couleurs et de rythmes.

Produit par les deux pianistes et guitaristes – dont le compositeur – ce disque est pour le moins minimaliste dans sa présentation : pas de texte sur le compositeur ou les œuvres, une biographie lapidaire avec la liste des membres de l’Orchestre de Paris… Rendez-vous donc sur les sites Internet correspondants puisque tout acquéreur de ce disque – sous label jaune et vendu selon les mêmes critères que ceux de la pop – connaît, a priori, .

Rappelons que ce musicien est un compositeur emblématique des courants postmodernes américains, salué par ses illustres confrères, du Quatuor Kronos à Steve Reich en passant par Philip Glass. Il reçoit des commandes des plus prestigieuses salles et ensembles nord-américains. Fondateur du groupe de rock The National, Dessner est dans le vent, un vent fait de brisures, de passions percussives, volatiles et tournoyantes, ainsi de son Concerto pour deux pianos. Dessner travaille magnifiquement les pulsations, les timbres et espaces, l’occupation saturée de ceux-ci. Sa musique est follement mobile, richement orchestrée, ornementée même, au sens baroque du terme. Elle est pétillante de vie et les sœurs Labèque s’en donnent à cœur joie dans la virtuosité des syncopes, l’ivresse des chevauchées, avec le souvenir lointain de la poésie hypnotique du Köln Konzert (1975) de Keith Jarrett.

Haven danse sur une pédale de basse aux claviers et le pépiement scintillant des guitares. Cette pièce ludique que l’on prendra bien soin d’écouter à fort volume sonore (désolé pour les voisins…) possède le caractère hypnotique des premiers Glass et Adams. C’est certainement la qualité de la matière sonore que l’on apprécie avant tout puis l’élégance des rythmes complexes qui jouent avec nos nerfs, au bord du précipice.

El Chan donne son titre à l’album. L’œuvre se compose de sept brèves parties. Elles jouent des impacts et de la dilution de la matière sonore, d’une vibration qui rapproche les deux pianos de sonorités de cloches, du vibraphone et du xylophone. C’est foisonnant d’idées, d’échos domptés, de silences abrupts avec quelques réminiscences orientales de Stravinsky, Gurdjieff et Hartmann. Un album rafraîchissant et inclassable.

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