Réévaluation de la musique de chambre de Carl Loewe

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Carl Loewe (1796-1869) : Grand trio op. 12 ; Schottische Bilder op. 112 pour clarinette et piano ; Duo Espagnôla pour alto et piano. Henning Lucius, piano. Marietta Kratz, violon. Lena Eckels, viole. Jakob Christoph Kuchenbuch, violoncelle. Christian Seibold, clarinette. 1 CD CPO. Enregistré au Rolf Libermann Studio Hamburg en mars 2018. Durée : 53:25

 

Carl Loewe - Trio op. 12 - CPOLa musique de chambre de est réévaluée et on ne peut que s’en réjouir.

Johann Carl Gottfried Loewe est un compositeur allemand né à Loebjuen le 30 novembre 1796 et mort à Kiel le 20 avril 1869. Très tôt, il reçoit le soutien de Mme de Staël qui le présente à Jérôme Bonaparte, alors gouverneur de Westphalie, qui lui permet de continuer ses études à l’Université de Halle. Après 46 ans au service musical de la ville de Stettin, il s’installe à Kiel, où il passe le reste de sa vie, jouissant d’une grande popularité grâce notamment à ses Lieder qui lui valurent le surnom de « Schubert du Nord de l’Allemagne ».

La musique de est celle de son temps, romantique, pleine d’une matière vivante et exaltée, ponctuée d’accents martiaux et d’envolées lyriques. Le Grand trio op. 12 s’impose d’entrée comme une œuvre aboutie remplie de sève, reconstruisant le monde de ses chants perdus au-dessus des forteresses harmoniques.

Les Schottische Bilder op. 112 pour clarinette et piano s’inscrivent dans la tradition des grands duos concertants sans céder cependant à la tentation d’une virtuosité facile. Nous sommes plutôt ici dans l’antre de la musique de chambre intime donnant à la clarinette une place sensuelle non dénuée d’espièglerie.

Le Duo Espagnôla pour alto et piano appartient à ce type d’œuvres qui donnèrent à l’alto l’occasion de s’illuminer dans la musique de chambre. L’équilibre avec le piano est ici tout à fait satisfaisant, l’alto peut ainsi déployer ses qualités lyriques dans le médium sans pour autant forcer pour se faire entendre. Au-delà de quelques réminiscences schubertiennes, nous percevons à travers ces lignes de virtuosité naissante la proximité de compositeurs tels que Weber ou Mazas, jusqu’au célèbre Harold en Italie d’Hector Berlioz. Un duo certes peu joué en concert et qui devrait entrer dans le répertoire, aux côtés des sonates de Brahms et des Märchenbilder de Schumann.

Voici un disque qui met en valeur Carl Loewe pour la façon dont il réussit à s’illustrer dans l’univers si foisonnant de la musique de chambre au XIXe siècle, même si l’on peut reconnaitre qu’il manque parfois ici, dans cette évidente belle facture, ces bribes de pardon intemporel des grands humanistes de la musique.

Pour aller plus loin : le Concerto pour piano n° 2 de Loewe par la pianiste Mari Kodama (1 SACD Pentatone, Clef ResMusica)

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