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À Tannay, Emmanuel Pahud joue Mozart

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Tannay. Château. 29-VIII-2019. Franz Xaver Wolfgang Mozart (1791-1844) : Ouverture en ré majeur. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1844) : Concerto pour flûte et orchestre no. 1 en sol majeur KV 313, Symphonie no. 41 « Jupiter » en do majeur KV 551. Emmanuel Pahud, flûte. Orchestre de Chambre de Lausanne, direction : Oksana Lyniv

Pour sa dixième édition, les Variations Musicales de Tannay ont convié le flûtiste pour le concert final.

Tannay:2019.02

Après une lourde et peu intéressante Ouverture en ré majeur de Franz Xaver Mozart, le fils du divin, peut compter sur l’ pour l’accompagner dans le Concerto pour flûte et orchestre de Mozart que le soliste suisse a interprété des centaines de fois. Cependant, dès les premières mesures, on sent un léger malaise partant des rangs de l’orchestre. Le tempo, pourtant bien choisi, semble ne pas être toujours aussi métronomique que l’exige la musique de Mozart. S’en suivent quelques infimes décalages qui, outre de déstabiliser les musiciens des pupitres, cassent la ligne mélodique. L’entrée du soliste, rompu à toutes les aventures, semble ne pas souffrir de ces imperfections même si on n’entend pas le Mozart qu’on chérit. Il faudra attendre l’Andantino pour retrouver une ligne mozartienne qui tienne la route. L’Allegro final, dans une moindre mesure, retombe dans les travers du début. Tout au long du concerto, on peut goûter à la technique impeccablement dominée du flûtiste quand bien même il semble artistiquement peu inspiré.

Une inspiration qu’Emmanuel Pahud retrouve dans la romance Syrinx pour flûte seule de Claude Debussy qu’il offre en bis. Dans un phrasé admirable, il aborde cette mélodie avec une sûreté interprétative impressionnante. Le son, l’ampleur, le vibrato fascinent tout autant que l’incroyable capacité d’adapter des pianissimo impalpables et pourtant audibles de chacun dans l’environnement ingrat de ce tréteau.

Dès les premières mesures de la Symphonie Jupiter, on retrouve la sécheresse interprétative de la première partie de la soirée. Comme alors, l’ semble emprunté et peu inspiré. Ce qu’on attribue à une difficulté d’adaptation à l’acoustique de la tente du festival s’avère être un problème relatif à la direction d’orchestre de . En effet, peinant à tenir l’orchestre dans une tension rythmique constante, la cheffe semble oublier la ligne mélodique de l’œuvre en favorisant une lecture saccadée sans grandes couleurs orchestrales. Si l’inspiration semble de retour dans l’Adagio, on sombre bien vite dans une superficialité de bon aloi. Alors que le tempo du Menuetto s’apparente plus à une marche qu’à une danse, l’intérêt du spectateur pour la scène le quitte peu à peu à l’image de ces regards s’éloignant pour errer vers le paysage reposant des rives du Léman et le chant de quelques oiseaux indifférents au bruit des hommes et aux dernières mesures du Molto allegro final.

Crédits photographiques : © Fabrice Nassisi

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Tannay. Château. 29-VIII-2019. Franz Xaver Wolfgang Mozart (1791-1844) : Ouverture en ré majeur. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1844) : Concerto pour flûte et orchestre no. 1 en sol majeur KV 313, Symphonie no. 41 « Jupiter » en do majeur KV 551. Emmanuel Pahud, flûte. Orchestre de Chambre de Lausanne, direction : Oksana Lyniv

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