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Une finta giardiniera par Christie pour une pépinière de jeunes talents

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Paris. Cité de la musique de Paris. 14-XI-2019. La finta giardinera de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) sur un livret de Giuseppe Petrosellini. Avec : Mariasole Mainini, Sandrina/Violante ; Lauren Lodge Campbell, Serpetta : Deborah Cachet, Arminda ; Théo Imart, Ramiro ; Moritz Kallenberg, Belfiore ; Rory Carver, Don Anchise ; Sreten Manojlovic, Nardo/Roberto. Mise en espace : Sophie Daneman. Scénographie : Adeline Caron. Costume : Pauline Juille. Conseillère artistique et dramaturgie : Ritta de Letteriis. Orchestre Les arts Florissants, direction, William Christie.

propose une version (très) expurgée de La finta giardiniera, un opéra de jeunesse de Mozart, pour précisément mettre en valeur la jeunesse et la fougue de jeunes interprètes prometteurs, issus de la 9e édition de son Jardin des voix.

William-Christie-by-Oscar-OrtegaLe livret de la Finta Giardiniera est alambiqué, composé de nombreuses scènes de séduction et de déguisement encore trop caricaturales pour avoir de réels enjeux dramatique. Toutefois, ses sonorités raffinées, la légèreté de son marivaudage ne sont pas sans séduction et les grands ensembles portent en eux suffisamment d’ambition pour passer une soirée de délectation aimable et joyeuse.

A contre-courant de la démarche de René Jacobs qui l’avait enregistré avec un grand orchestre dans une version réécrite en 1796 qui rapprochait l’œuvre de l’esthétique des derniers opéras de Mozart, s’entoure d’un effectif de musiciens beaucoup plus modeste, joue sur des sonorités plus « baroqueuses » et n’hésite pas à tronquer la partition qui gagne en efficacité. Une efficacité renforcée par une mise en espace chic, sobre et maligne de qui offre beaucoup de lisibilité.

La direction de William Christie assume parfaitement les colorations et les variations de dynamique de l’œuvre avec un plaisir communicatif. Attentif aux chanteurs et impulsant une vraie dynamique de groupe, le chef séduit par le raffinement des phrases et par les climats et les atmosphères qu’il sait convoquer sur scène.

Les jeunes chanteurs issus du jardin des voix séduisent en premier lieu par le travail de « troupe » qui se dégage de leur prestation. Tous sont magnifiquement dirigés par la metteuse en espace et tous ont un tempérament scénique affirmé, à commencer par le Nardo de qui ouvre la soirée par une introduction au livret hilarante avant de nous conquérir par un jeu de scène aussi affirmé que sa technique vocale. Dans le même état d’esprit, il est parfaitement secondé par le ténor , Don Anchise irrésistible.

Le jeune contre-ténor surprend d’entrée par une voix totalement sopranisante à la limite du trouble tant le rôle – originairement tenu par un castrat – exige des aigus stratosphérique ici magistralement assurés. La voix est encore un peu verte et la présence scénique reste à conquérir mais cette prestation marquante qui semble avoir conquis le public, devrait lui ouvrir les voies d’une carrière prometteuse.

Les trois sopranos ont pour point commun d’avoir un sens de l’abattage très assuré et un engagement scénique évident. confère beaucoup de fraîcheur à sa Serpetta tandis que défend admirablement l’impérieuse Arminda notamment dans son air de fureur au II qui impressionne. Enfin, on reste conquis par le soprano rond et fruité de qui éblouit notamment par un « Geme la tortorella » dont la poésie et la délicatesse sont savourées dans un silence absolu, ce qui devient assez rare.

Une bien belle soirée dans le Jardin des voix !

 

Crédit photographique : © Oscar Ortega 

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Paris. Cité de la musique de Paris. 14-XI-2019. La finta giardinera de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) sur un livret de Giuseppe Petrosellini. Avec : Mariasole Mainini, Sandrina/Violante ; Lauren Lodge Campbell, Serpetta : Deborah Cachet, Arminda ; Théo Imart, Ramiro ; Moritz Kallenberg, Belfiore ; Rory Carver, Don Anchise ; Sreten Manojlovic, Nardo/Roberto. Mise en espace : Sophie Daneman. Scénographie : Adeline Caron. Costume : Pauline Juille. Conseillère artistique et dramaturgie : Ritta de Letteriis. Orchestre Les arts Florissants, direction, William Christie.

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