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Nagano dirige Beethoven et Brahms à l’Elbphilharmonie

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Hamburg. Elbphilharmonie, Großer Saal. 17-XI-2019. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Meeresstille und glückliche Fahrt, cantate pour chœur et orchestre, op. 112. Elegischer Gesang, pour chœur et orchestre, op. 118. Johannes Brahms (1833–1897) : Schicksalslied, pour chœur et orchestre, op. 54. Symphonie n°1 en ut mineur, op. 68. Chor der Hamburgischen Staatsoper, Chef de Chœur : Eberhard Friedrich. Philharmonisches Staatsorchester Hamburg, directeur musical : Kent Nagano.

En matinée à l’Elbphilharmonie, développe de sa force tranquille deux pièces de chœur de Beethoven, avant le Schicksalslied et la Symphonie n° 1 de Brahms.

Philharmonisches Staatsorchester Hamburg, Chor der Hamburgischen Staatsoper, Kent Nagano, Elbphilharmonie, Großer Saal, 17.11.2019
Dans la magnifique Elbphilharmonie de Hambourg, dont on admire l’homogénéité et le caractère mat décrié par certains, dirige en matinée un concert d’ouvrages de Beethoven et Brahms, alors qu’il est le soir même à l’opéra pour Pelléas et Mélisande. Il introduit le troisième programme de la saison avec son Philharmonisches Staatsorchester Hamburg par trois pièces pour chœurs et orchestre, dont la première, Meeresstille und glückliche Fahrt (Mer calme et heureux voyage) opus 112 met immédiatement en exergue la justesse d’intention du directeur musical, autant que la qualité d’exécution de la formation symphonique et du chœur. Préparé par le chef attitré Eberhard Friedrich, le Chor der Hamburgischen Staatsoper développe d’abord en douceur le premier lied de Goethe, pour se dynamiser dans la seconde partie, Allegro vivace.

L’Elegischer Gesang, opus 118, dans sa version pour orchestre à cordes et chœur mixte, suit avec la même délicatesse, d’un geste soupesé, toujours simple lecture de la partition et en même temps beaucoup plus que cela. Puis apparaît le plus célèbre Schicksalslied, op. 54 de Brahms, idée particulièrement bonne pour introduire la pièce suivante, avec dès le début de l’œuvre les coups du destin donnés par le timbalier, à la manière de ceux du Deutsches Requiem quelques années plus tôt. Le chœur s’illumine pour porter avec élévation le texte de Hölderlin, éclairé par la flûte solo et le remarquable premier basson. L’Allegro se maintient dans la concentration, malgré un regain de dynamique et une puissance de cordes déjà impressionnantes, puis l’orchestre conclut la pièce, toujours de manière extrêmement claire.

Philharmonisches Staatsorchester Hamburg, Chor der Hamburgischen Staatsoper, Kent Nagano, Elbphilharmonie, Großer Saal, 17.11.2019
Au retour d’entracte, Kent Nagano rentre d’un pas alerte et lance les premières mesures de la Symphonie n°1 en ut mineur, op. 68 de Brahms. De cette force tranquille, le chef développe une matière compacte sans pour autant afficher la moindre lourdeur. La patte sonore se développe par ses phrases aérées, toujours à la lettre de la partition et sans le moindre excès, peut-être à défaut de tension, mais avec un respect et un style à même de laisser ressortir le meilleur des instrumentistes. Le développement du poco sostenuto démontre toute la qualité d’agencement du chef, d’une ligne limpide de l’introduction à la coda, à l’image de toute la symphonie. Beaucoup plus énergique, bien que toujours souple dans son phrasé, la coda du premier mouvement met également en avant les trombones et encore la flûte solo, puis elle ramène aux coups de timbale du Chant du Destin joué précédemment.

Plus âcre, le hautbois se détache à l’Andante sostenuto, projeté sur une même ligne par Nagano, avec une application particulière pour l’aération et la lumière. Placide face à quelques applaudissements, il reprend par Un poco Allegretto e grazioso avec ses magnifiques clarinettes, vite rejointes par les flûtes de la même pureté. D’un empressement parfaitement maîtrisé, le mouvement s’échappe de manière fluide vers un Adagio tout en gravité, lentement traité jusqu’à l’apparition du célèbre thème des cors, porté avec splendeur et toujours une superbe luminosité, encore mieux développée par la reprise à la flûte. Puis les trombones entrent en jeu et de l’exposition, le finale se poursuit, jusqu’à une coda toujours homogène, maîtrisée jusqu’aux derniers instants, pendant lesquels les timbales reprennent leur discours évocateur.

Crédit Photographiques : © Claudia Höhne

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Hamburg. Elbphilharmonie, Großer Saal. 17-XI-2019. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Meeresstille und glückliche Fahrt, cantate pour chœur et orchestre, op. 112. Elegischer Gesang, pour chœur et orchestre, op. 118. Johannes Brahms (1833–1897) : Schicksalslied, pour chœur et orchestre, op. 54. Symphonie n°1 en ut mineur, op. 68. Chor der Hamburgischen Staatsoper, Chef de Chœur : Eberhard Friedrich. Philharmonisches Staatsorchester Hamburg, directeur musical : Kent Nagano.

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