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Léonard de Vinci, l’inventeur (aussi) de l’opéra

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Léonard de Vinci, l’invention de l’opéra. Olivier Lexa. Les Éditions du Cerf. 423 pages. 30 €. Octobre 2019

 

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L’année anniversaire pour Léonard de Vinci se termine en apothéose grâce à l’étude foisonnante et étonnante du musicologue .

LIVRE_Da VinciLe hasard mène aux grandes découvertes comme nous le montre encore une fois l’auteur de Léonard de Vinci, l’invention de l’opéra. Suite à l’erreur d’un magasinier à la bibliothèque de la Fondazione Giorgio Cini à Venise, découvre le témoignage par Tristano Calco d’une « rappresentazione di Tortona », premier spectacle lyrique créé par Léonard de Vinci.

Parce que oui, l’œuvre de Léonard de Vinci comprend quatre opéras dont les créations et les reprises se sont matérialisées entre 1489 et 1519 : La Rappresentazione di Tortona (1489), La Festa del Paradisio (1490), un « proto-opéra » singulier par la conception de l’espace scénique où la scène, parée d’un rideau, est le « lieu d’une réalité parallèle » faite d’une scénographie, de décors et d’une machinerie sans précédent ; une « joute des sauvages » (1491) et la Danaé, dotée de danses et de vêtements allégoriques pour une intrigue théâtrale composée de cinq actes, de lamenti, d’autres chants pour solistes et de musiques de scène pour l’orchestre, une œuvre qui s’affranchit pour la première fois de la fonction de représentation du pouvoir en 1496 ; et La Fabula di Orfeo, l’œuvre la plus emblématique de l’avènement de l’opéra à la Renaissance, dont la musique, comme tous les autres ouvrages de Da Vinci, n’a pas été conservée, même si l’auteur révèle la place de l’improvisation et les prémices du recitar cantando. Le plus souvent liées à des célébrations royales, ces créations musicales nous plongent dans le quotidien de souverains bien connus, de Sforza à Gonzague, d’Este à Médicis et d’influences artistiques et littéraires qui font de ce texte une formidable enquête pleine de saveurs, et cela même si l’on est peu adepte d’ouvrages académiques musicologiques.

Les autres chapitres présentent les concepts qui sont l’essence des aspirations théoriques et esthétiques de Léonard de Vinci dans ces spectacles lyriques qui mêlent les diverses disciplines artistiques et techniques dans lesquelles il excelle : les arts plastiques, l’expression corporelle et le mouvement comme la lumière (chapitre 2), les arts plastiques, l’architecture et la machinerie (chapitre 3, Renovatio theatralis), la musique et le chant (chapitre 4, Musica vinciana), la littérature (chapitre 5) et la philosophie (chapitre 6).

Au final, ces 272 pages d’analyses et de découvertes, de notes et d’une bibliographie riches, agrémentées d’une soixante de pages d’annexes et d’un même nombre de pages pour des iconographies en couleur, correspondent à tout ce que l’on apprécie dans un travail musicologique : l’accessibilité autant sur la forme que sur le fond, doublée de découvertes majeures faisant reconsidérer notre approche concernant la naissance de l’opéra. Une réussite incontestable.

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Léonard de Vinci, l’invention de l’opéra. Olivier Lexa. Les Éditions du Cerf. 423 pages. 30 €. Octobre 2019

 
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