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Stephen Tharp exalte Louis Vierne à l’orgue de Saint-Sulpice

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Louis Vierne (1770-1937) : Symphonie n° 5 op. 47 en la mineur ; Symphonie n° 6 op. 59 en si mineur. Stephen Tharp à l’orgue Aristide Cavaillé-Coll (1862) de l’église Saint-Sulpice à Paris. 2 SACD/CD. Enregistré en septembre 2010 et octobre 2014. Livret bilingue anglais allemand. Durée totale : 86:06

 

Après Daniel Roth dans les quatre premières symphonies, achève avec panache cette intégrale des Symphonies de Vierne aux commandes de l’orgue de Saint-Sulpice, présenté ici dans une captation sonore exceptionnelle.

Vierne_Tharp_AeolusLes deux dernières symphonies de , organiste à Notre-Dame, virent le jour en 1934, même si leur travail d’élaboration remontait pour certains mouvements à une dizaine d’années en arrière. La Symphonie n° 5, dédié à Joseph Bonnet, organiste à Saint-Eustache à Paris, est sans doute l’œuvre pour orgue la plus caractéristique du style de Vierne, où le chromatisme occupe une place particulière. Très développée, sa durée dépasse celle des autres œuvres du genre. L’inspiration de Wagner apparait par la forme cyclique du leitmotiv et nous plonge dans l’ambiance de Tristan et Isolde. Une musique funèbre par moments rehaussés de quelques passages plus joyeux, dans le Scherzo et le final.

La Symphonie n° 6 quant à elle est un éblouissement. la compose à Menton durant l’été 1930. Bien qu’aveugle en grande partie, Vierne percevait cependant les clartés et les contrastes que lui offrait la méditerranée rayonnante. Dédiée à son ami l’organiste américain Lynnwood Farnam prématurément disparu, cette œuvre fût créée en 1934 par Maurice Duruflé à l’orgue de Notre-Dame de Paris. Ici, Les harmonies de Vierne ont évolué, préfigurant la génération suivante de Duruflé jusqu’à Messiaen. De belles étincelles d’humour éclatent dans le scherzo qui nous rappelle certaines Pièces de fantaisie du maitre, évoquant les fantômes et les gargouilles de Notre-Dame de Paris. Plusieurs rythmes se superposent pour en faire un moment privilégié d’exécution périlleuse. Le final, lui, célèbre « Mare Nostrum » un jour de tempête grâce à une forme Rondo éclatante à l’extrême.

Tous ces atouts musicaux sont exaltées par les qualités acoustiques de l’orgue Cavaillé-Coll de l’église Saint-Sulpice à Paris, noble représentant de la production de ce facteur d’orgue qui a dominé tout le XIXe siècle. Cet instrument est l’image de ce que connut Vierne à Notre-Dame dont la musique ici trouve une place logique et évidente. est l’un des organistes américains les plus brillants de sa génération, un temps titulaire de l’orgue de l’église Saint-Patrick à New-York, amoureux des orgues symphoniques français dont il montre ici avec verve et savoir-faire tout l’attachement et l’inspiration que lui procurent la musique de Vierne. Son approche est franche, judicieusement calculée et équilibrée par rapport à la masse orchestrale de l’orgue de Saint-Sulpice. Il termine en beauté cette intégrale des symphonies du maitre de Notre-Dame, rappelons-le éditées de manière exceptionnelle par Christoph Frommen du label Aeolus. L’orgue est capté en un confondant équilibre, en particulier le grand plan symphonique du clavier de Récit, qui perçu dans un demi-lointain livre à l’auditeur tout son mystère, en particulier lorsque la boite expressive est fermée.

L’album présente deux CDS en format SACD (Multichannel Surround) et CD (stéréo), séparément, ce qui ajoute encore un intérêt d’ordre technique à cette production. Une intégrale de référence à placer aux côtés de celle de Ben van Oosten (MDG Gold).

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Louis Vierne (1770-1937) : Symphonie n° 5 op. 47 en la mineur ; Symphonie n° 6 op. 59 en si mineur. Stephen Tharp à l’orgue Aristide Cavaillé-Coll (1862) de l’église Saint-Sulpice à Paris. 2 SACD/CD. Enregistré en septembre 2010 et octobre 2014. Livret bilingue anglais allemand. Durée totale : 86:06

 
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