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Le voyage schubertien du baryton Alain Buet

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Pour son nouveau disque paru chez Muso, le baryton  aborde le Voyage d’hiver de dans un arrangement pour voix et quatuor à cordes. En cette occasion, nous lui avons posé quelques questions au sujet de ce projet intéressant.

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ResMusica : Pourquoi avez-vous choisi le Voyage d’hiver de Schubert pour votre nouveau disque ?

 : Le choix d’enregistrer le Voyage d’hiver de était collégial, il est l’aboutissement d’un assez long processus qui a commencé il y a un peu plus de trois ans par la transcription du cycle pour quatuor à cordes et baryton réalisée par la très talentueuse violoniste et pianiste . Le dont est la première violoniste, me proposa alors de m’associer au projet et chanter la partie de baryton à leurs côtés. L’osmose et le plaisir partagé ne tardèrent pas à croître au fil des répétitions et des concerts. L’idée de laisser une trace enregistrée faisait son chemin. Le label discographique Muso était intéressé. Le disque est né de cette synergie.

RM : La prononciation du texte chanté en allemand, était-ce un problème pour vous ? Pour ce cycle, selon vous, est-ce là que réside la plus grande difficulté interprétative pour un chanteur francophone ?

AB : La prononciation des textes chantés en allemand est un travail exigeant qui m’a toujours stimulé. La fréquentation assidue des cantates de Jean-Sébastien Bach et de la musique baroque m’a préparé, pour une bonne part, aux exigences de l’art du lied. Il y a une forme de recitar cantando monteverdien dans l’approche de la déclamation du texte de Müller et de Schubert. Comme dans les madrigaux, le mariage des poèmes et de la musique crée une poésie infinie. Dans chaque lied, les mots apparaissent après un court et poétique prélude instrumental, au chanteur de les faire vivre profondément et clairement au milieu du quatuor à cordes. Chanter le Winterreise n’incite pas au vedettariat, une des grandes difficultés de son interprétation est de trouver sa juste place dans l’émotion.

RM : Comment percevez-vous le Voyage d’hiver : est-ce juste un ensemble de lieder ou plutôt une mosaïque pour laquelle la soustraction d’un élément priverait le tout de sens et de cohérence ?

AB : On ne peut rien lui retirer. Toujours le même voyage, toujours la même épreuve et la même émotion. Schubert nous offre une montagne magique à gravir en vingt-quatre étapes. Il a tout organisé. Il a alors trente ans, c’est comme un testament. Il disait qu’il aimait ce Winterreise plus que tout. Il meurt à trente et un ans.

RM : Pourquoi avez-vous décidé d’enregistrer un arrangement du Voyage d’hiver et non l’original ?

AB : Après avoir très souvent chanté la version originale du Voyage d’hiver avec les magnifiques pianistes Marie-José Delvincourt, , Grégory Ballesteros, , enregistrer ce chef d’œuvre ne m’avait jamais effleuré l’esprit. La qualité et l’originalité du travail de Gilone Gaubert, dans le respect de l’esprit du romantisme où l’on transcrivait beaucoup, ont eu raison de ma modestie et m’ont conduit à accepter de participer à un des très rares enregistrements du cycle dans cette configuration.

RM : Quelles possibilités et opportunités offrent l’arrangement de ces lieder que vous abordez ?

AB : L’arrangement des Lieder avec quatuor à cordes m’offre la possibilité de « tenter les hautes aventures ». Mes cordes vocales au cœur des cordes en boyau : mêler les paroles au souffle des archets et gravir la montagne.

RM : Prévoyez-vous de continuer votre voyage schubertien ?

AB : J’aimerais ne jamais arrêter ce voyage !

 

Crédits photographiques : © Bernard Martinez

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