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Raphaela Gromes à la découverte d’une partition straussienne

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La violoncelliste et le pianiste ont sorti récemment un disque très original, dévolu aux compositions de , comprenant le premier enregistrement mondial de la version initiale de sa Sonate pour violoncelle. À cette occasion, nous avons parlé de ce projet avec .

raphaela gromes1 (1)ResMusica : Qu’est-ce qui vous a décidé, après avoir enregistré un album dédié à la musique d’Offenbach, de consacrer votre prochain disque à ?

Raphaela Gromes : Dès le début de ma collaboration avec le pianiste , la Sonate pour violoncelle de Strauss a été une pièce centrale de notre répertoire. Nous nous sommes rencontrés en 2012 au concours Strauss de Garmisch-Partenkirchen, où nous avons remporté le premier prix avec la Sonate pour violoncelle op. 6. Depuis lors, nous l’avons jouée de nombreuses fois – peut-être même cent fois, je pense – et nous l’aimons toujours autant.

RM : Quelle est l’idée principale de votre disque Strauss ?

RG : L’idée principale était de présenter la première version de sa Sonate pour violoncelle, celle de 1881, dans cet enregistrement en première mondiale. La version originale de la Sonate n’était jusqu’à présent pas connue sauf des experts de Strauss. Bien sûr, nous avons été très enthousiastes lorsque nous avons entendu parler de cette pièce, et plus encore lorsque nous avons finalement posé les yeux sur le manuscrit original et découvert qu’il s’agissait d’un coup de génie du jeune Strauss.

RM : Pourquoi jouez-vous la même sonate pour violoncelle deux fois sur le même disque ?

RG : C’est la première et la deuxième version de la Sonate opus 6 : l’une originale, de 1881, inédite auparavant, et l’autre de 1883, qui est la Sonate de Strauss populaire et très jouée, et qui était jusqu’à présent sa seule sonate pour violoncelle connue. Mais il s’agit de deux œuvres différentes. Strauss n’utilise des thèmes similaires que dans le premier mouvement ; les deuxième et troisième mouvements sont des compositions complètement différentes. Les deux sonates sont merveilleuses, mais intrinsèquement dissemblables.

RM : Quelle est la principale différence entre les deux versions de cette sonate ?

RG : La première version, l’originale de 1881, est plus sereine et plus conviviale dans l’ensemble. Vous pouvez entendre cette atmosphère surtout dans le deuxième mouvement, avec son caractère brillant en ut majeur, on ne peut plus éloigné émotionnellement du mouvement médian presque dépressif et profondément triste en ré mineur de la deuxième œuvre. Ce sont deux pièces fantastiques, mais elles diffèrent beaucoup, surtout dans leurs tonalités.

RM : Lorsque vous avez enregistré ce disque, avez-vous essayé de varier votre approche interprétative en jouant ces deux versions de la sonate de Strauss ?

RG : Cette question ne se pose que pour le premier mouvement, car les deux autres mouvements n’avaient aucune ressemblance avec la sonate de 1883 – et, bien sûr, nous avons essayé de varier notre interprétation en fonction de la partition. Par exemple, Strauss utilise des indications de tempo, une articulation et un phrasé légèrement différents, ce que nous voulions bien sûr montrer à notre public. Par conséquent, la deuxième version, celle de 1883, peut sembler encore plus enthousiaste et vibrante, en raison de son tempo plus rapide.

RM : Quels critères aviez-vous définis pour compléter le programme de votre nouveau disque ?

RG : Nous voulions dédier l’ensemble de cette réalisation à Richard Strauss. Ainsi, en plus de mettre les deux sonates côte à côte, nous avons décidé de compléter le programme avec des arrangements de mélodies écrites par le jeune Strauss à l’époque où il composait les sonates pour violoncelle.

RM : Quel compositeur aimeriez-vous enregistrer sur votre prochain disque ?

RG : . J’ai déjà enregistré son Concerto pour violoncelle avec la Romance de Richard Strauss, et le Concerto pour violoncelle n° 3 de Julius Klengel. Le concerto de Klengel sera également enregistré en première mondiale. Ce sera mon prochain disque.

Traduction de l’anglais : Maciej Chiżyński

Crédits photographiques : © Sammy Hart

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