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Le Batelier de Stanisław Moniuszko par Fabio Biondi

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Stanisław Moniuszko (1819-1872) : Le Batelier, opéra en un acte sur un livret de Stanisław Bogusławski. Ewa Tracz, soprano (Zosia) ; Matheus Pompeu, ténor (Franek) ; Mariusz Godlewski, baryton (Jakub) ; Aleksander Teliga, basse (Antoni) ; Wojtek Gierlach, basse (Szóstak) ; Paweł Cichoński, ténor (Feliks) ; Chœur de l’Opéra et de la Philharmonie de Podlasie (chef de chœur : Violetta Bielecka) ; Europa Galante ; direction : Fabio Biondi. 1 CD Institut Frédéric Chopin de Varsovie. Enregistré en août 2019, au Grand Théâtre — Opéra National de Varsovie. Textes de présentation en polonais et anglais. Livret en polonais avec traduction en anglais. Durée : environ 60:00

 

et l’ assurent la première interprétation historiquement informée du Batelier de au disque.

Stanisław Moniuszko_Le Batelier_Fabio BiondiLe Batelier (titre original : Flis) est un opéra polonais composé sur un livret de Stanisław Bogusławski, et mis en scène pour la première fois au Grand Théâtre de Varsovie le 24 septembre 1858, moins d’un an après le succès de la création de la deuxième version d’Halka. Moniuszko travailla sur Le Batelier pendant son court séjour à Paris où il résida à partir du 12 juin 1858. Le livret dépeint des scènes de la vie de gens simples, faisant référence à l’idée de « drame populaire », genre littéraire alors nouveau en Pologne, élaboré par Władysław Ludwik Anczyc, auteur du vaudeville chanté Les Bateliers. Si l’action de cette dernière pièce se déroule sur les rives de la Vistule près de Cracovie, celle de la composition de Moniuszko a lieu à proximité de Varsovie, sur les berges du même fleuve. Six personnages y sont mis en scène : trois flotteurs, une demoiselle, un riche pêcheur (le père de celle-ci) et un coiffeur. L’action se résume au conflit qui oppose le radeleur Franek et le barbier Jakub (un nouveau venu au village), pour obtenir la main de Zosia. Malgré les obstacles, celle-ci et Franek peuvent enfin être ensemble : Jakub cesse de faire des avances à la jeune femme quand il s’avère que Franek est son frère disparu depuis longtemps. La lutte des classes perceptible en arrière-plan de l’intrigue, fit que Le Batelier gagna en notoriété dans les premières années de la Pologne communiste.

Sur le plan musical, écrivit une musique sérieuse et dramatique. Dans la partition, on trouve de nombreuses références aux accents populaires et, en termes de rythmes, aux danses nationales polonaises, comme la kujawiak ou le krakowiak.

Pour ce qui est de l’interprétation, magnifie l’œuvre de Moniuszko autant par la finesse que par la vivacité, mais il est moins enflammé et pas aussi cohérent que Zdzisław Górzyński (Polskie Nagrania 1962 / Anaklasis Records 2019). Sous la baguette du chef italien, la longue ouverture – qui peut sembler disproportionnée au regard du reste de la composition (dix minutes dans un opéra qui dure environ une heure) – scintille de teintes pastel. Le geste est ample et généreux, tantôt empreint d’humour, de poésie ou encore de brio. Si la précision dans les détails et la théâtralité sont bien au rendez-vous, on aurait aimé y entendre, par moments, un peu plus d’intensité, telle qu’on la trouve par exemple dans les interprétations des œuvres de Moniuszko données par Marc Minkowski ou chez ledit Górzyński. Avec l’intervention du chœur à la fin, cette ouverture présente un caractère novateur par rapport à d’autres pages lyriques de cette époque. Dans cette prestation, le Chœur de l’Opéra et de la Philharmonie de Podlasie charme par la clarté de sa diction, la douceur de son émission, la grâce dans le phrasé comme par sa force évocatrice, s’harmonisant avec le dynamisme et les couleurs de l’.

Parmi les solistes, trois chanteurs sont particulièrement appréciables. Primo, la soprano Ewa Tracz impressionne par sa voix légère et lumineuse, y compris dans le haut registre. Secundo, le ténor Matheus Pompeu, d’une expressivité aussi fervente que mélancolique, révèle un ton satiné et raffiné, un brin nasal quoique mélodieux. Tertio, le baryton subjugue par la beauté et la profondeur d’un timbre assez rond et riche en harmoniques, à la fois mystérieux et vaillant. Les deux basses paraissent, en dépit de leur engagement, moins remarquables, notamment par leur maîtrise imparfaite du vibrato autant que par leur manque de consistance vocale. En dernier lieu, le ténor Paweł Cichoński, dont le rôle est marginal, associe la suavité du timbre à une expression délicate et élégiaque.

Voici un album qui nous fait redécouvrir un opéra de plus de Moniuszko, dans une interprétation qui, sans révolutionner la discographie existante, ne laissera pas indifférent.

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Stanisław Moniuszko (1819-1872) : Le Batelier, opéra en un acte sur un livret de Stanisław Bogusławski. Ewa Tracz, soprano (Zosia) ; Matheus Pompeu, ténor (Franek) ; Mariusz Godlewski, baryton (Jakub) ; Aleksander Teliga, basse (Antoni) ; Wojtek Gierlach, basse (Szóstak) ; Paweł Cichoński, ténor (Feliks) ; Chœur de l’Opéra et de la Philharmonie de Podlasie (chef de chœur : Violetta Bielecka) ; Europa Galante ; direction : Fabio Biondi. 1 CD Institut Frédéric Chopin de Varsovie. Enregistré en août 2019, au Grand Théâtre — Opéra National de Varsovie. Textes de présentation en polonais et anglais. Livret en polonais avec traduction en anglais. Durée : environ 60:00

 
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