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Philip Glass : Symphony for Solo Piano

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Philip Glass (né en 1937) : Huitième Symphonie, arrangement pour piano solo par Pawel Markowicz. Pawel Markowicz, piano. 1 CD Orange Mountain Music (OMM). Enregistré en avril 2013 au Franz Liszt Concert Hall. Livret anglais. Durée : 37:00

 

Ce disque au titre alléchant est une fausse nouveauté qui ne célèbre pas l’avènement d’une treizième symphonie de mais celui d’une version passionnante de sa Huitième sous les doigts passionnés du jeune pianiste .

glass pawelProbablement la plus réussie des douze (à ce jour) symphonies de , la Huitième (sans programme spécifique, ni support vocal ou textuel) est celle qui, par sa complexité (pas moins de huit thèmes pour le premier mouvement, exposés un à un puis tous ensemble, comme à la fin du Prélude des Meistersinger von Nürnberg), pourra contribuer à mettre en difficulté les accusations récurrentes à l’encontre du style d’une musique exigeante dont l’apparente simplicité a su parler au-delà de son propre cénacle. Pour Glass, elle représente « le langage même de la musique ».

« Le compositeur n’est rien de plus que la première personne à entendre l’œuvre », déclare encore Philip Glass, toujours ravi d’entendre sa musique sous d’autres orchestrations que la sienne. Force est de reconnaître que la musique de Glass sonne bien sous tous les avatars.

La Symphonie n° 8 fut créée à Brooklyn à l’automne 2005 par Dennis Russell Davies. Pour raison de santé, le chef américain (qui avait encouragé à la musique pure l’homme d’images que se croyait le compositeur, alors âgé de 56 ans) dut, quelques mois après, céder sa baguette à Dante Anzolini qui dirigea, en février 2006, la première autrichienne à Innsbruck, à la tête du Bruckner Orchester Linz, commanditaire de l’œuvre. Dans la salle, un pianiste d’origine polonaise, retenait son souffle : , 16 ans. Commençait là l’aventure de ce nouveau disque Orange Mountain Music.

Dès l’absorption du philtre de cette musique irrésistible, l’obsession naquit chez Markowicz, alors en classe de direction d’orchestre, de la faire réentendre à son tour. Dans l’attente du grand soir, on peut aujourd’hui prendre un plaisir extrême à l’audition captivante de sa version pianistique, un disque sans faute note qui, ramenant, au terme d’un travail de « désorchestrateur » colossal, l’œuvre là où elle est née, au piano (comme toutes les œuvres de Philip Glass), en renouvelle la perception.

Pawel Markowicz est un nom à ajouter à la conséquente cohorte de pianistes à même de donner une nouvelle dynamique interprétative au répertoire glassien, ainsi que l’on a pu s’en rendre compte lors de l’intégrale des vingt Études données à la Philharmonie de Paris en mai 2019. Pas une seconde d’ennui au long des vingt minutes haletantes et puissamment mélodiques du Mouvement I. Dès le grandiose portail introductif, éclatent avec évidence la science de l’arrangeur et le talent pianistique. La passacaille du Mouvement II y gagne un mystère supplémentaire. Quant au Mouvement III d’une symphonie qui va de l’obscurité vers l’obscurité (« It goes from dark, to darker, to darkest », constate avec son indéfectible humour le compositeur), le piano (ici, un superbe Steinway), semble l’idéal passeur d’un effacement de la musique vers le silence qui n’est pas sans évoquer la prégnante intériorité de la Vingtième Étude. Né d’un choc adolescent et d’une vibrante fidélité musicale, un disque magistral et poignant.

Pour prolonger le plaisir lié à d’autres orchestrations de la musique de Philip Glass, sont ainsi nés quelques disques importants comme la version 2000 de ses Songs From Liquid Days de 1986 par Jeremy Marchant pour le Crouch End Festival Chorus, aubaine pour les chefs de chœur en quête de répertoire. A Descent into the Maelström (1985) a récemment été finement symphonisé pour l’Arctic Philharmonic et l’on compte déjà quelques remix (le double CD Rework) comme moultes réductions pianistiques.

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Philip Glass (né en 1937) : Huitième Symphonie, arrangement pour piano solo par Pawel Markowicz. Pawel Markowicz, piano. 1 CD Orange Mountain Music (OMM). Enregistré en avril 2013 au Franz Liszt Concert Hall. Livret anglais. Durée : 37:00

 
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