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Aurélie Gandit fait danser la Dame à la licorne

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Paris. Musée de Cluny, musée national du Moyen-âge. 18-IX-2020. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Une visite dansée pour la Dame à la Licorne (création 2020 – première). Conception et interprétation : Aurélie Gandit

Avant sa prochaine et dernière phase de travaux, le Musée de Cluny ouvre ses portes à une Visite dansée pour la Dame à la licorne par la danseuse et chorégraphe , à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Ce programme illustre la volonté du musée de réorienter sa médiation vers le sensible et le spectacle vivant.

Aurélie Gandit (c) Michel Petit 2Depuis 2007, développe des créations chorégraphiques pour la scène et dans les lieux d’exposition. Son intérêt pour l’histoire de l’art lui a permis d’imaginer des visites dansées pour de nombreux musées d’art, à Nancy, Mulhouse, Bar-Le-Duc, Metz, Besançon ou Viseu, au Portugal. Comme au Musée de Cluny, ces visites sont le plus souvent issues de temps de résidence et d’immersion dans les collections.
La chorégraphe-danseuse commente et interprète les œuvres de chacune des collections par le texte et la danse à travers un parcours sensible. La création d’une Visite dansée pour La Dame à la Licorne est l’occasion pour Aurélie Gandit de donner par le corps une interprétation de cette ode aux cinq sens et d’explorer avec la dame le chemin symbolique et spirituel qu’il met en images et en sensations.

« A mon seul désir »

« Un fond rouge à mille fleurs, une île bleue » ainsi commence par la voix ferme et posée d’Aurélie Gandit la description de la première tapisserie du célèbre cycle de La dame à la licorne, pièce maîtresse de la collection permanente du Musée de Cluny. La chorégraphe reproduit avec délicatesse le geste de la dame qui tend un miroir à la licorne, le toucher des pattes que la licorne pose sur les genoux de la dame ou la fierté du lion qui porte son étendard.

« Le cadre se resserre sur l’envol vertical des figures longilignes » dans la deuxième tapisserie dont l’orgue est le principal accessoire. « En silence jaillit la musique » dit la danseuse qui allonge le bras vers le ciel. La contemplation sereine de ces images tissées est un privilège partagé par un tout petit groupe de visiteurs. Le langage des fleurs devient geste chorégraphiée, celui des animaux devient un bestiaire corporel, enchaînés à un rythme débridé.

Dans le cinquième panneau, la dame touche la corne de la licorne et la danseuse laisse éclater son trouble. Le sixième sens est celui du cœur, par lequel le désir s’exprime. Éclate alors la richesse et l’opulence de la dernière tapisserie, dans le brocart de la robe, le coffret de bijoux précieux, la soumission et le respect des animaux. Protégée par un dais sous lequel sont inscrits les mots « A mon seul désir », la dame y est le désir lui-même, ce que la danseuse choisit d’exprimer par son corps tendu et ramassé, avec une grande délicatesse.

Crédits photographiques : © Michel Petit

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Paris. Musée de Cluny, musée national du Moyen-âge. 18-IX-2020. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Une visite dansée pour la Dame à la Licorne (création 2020 – première). Conception et interprétation : Aurélie Gandit

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