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Hommage de Profil à Hans Swarowsky, fameux professeur de direction d’orchestre

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Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonies n° 70, n° 93 et n° 100. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour piano n° 21 et n° 27 ; Une petite musique de nuit. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 3 ; Ouverture des « Créatures de Prométhée » ; Grande fugue (arrangement Weingartner). Franz Schubert (1797-1828) : Symphonies n° 8 « Inachevée » et n° 9 « La Grande ». Felix Mendelssohn (1809-1847) : Concerto pour violon et orchestre op. 64 ; Concerto pour deux pianos et orchestre. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 3. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Kol Nidre ; Six lieder op. 8 ; Un survivant de Varsovie. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n° 2 ; Quatre danses hongroises. Richard Strauss (1864-1949) : Till l’espiègle ; Suite de valses du Chevalier à la rose ; Scène de valses, Intermezzo ; Suite de la Légende de Joseph ; Danse des sept voiles, extrait de Salomé. Richard Wagner (1813-1883) : Ouverture de Rienzi ; Préludes des actes 1 et 3 de Lohengrin ; Ouverture des Maîtres chanteurs de Nuremberg ; Prélude de Tristan et Isolde ; Prélude de Parsifal. Johann Strauss (1825-1899) : Ouverture du Baron tzigane ; Polkas ; Valses et Csardas. Josef Strauss (1827-1870) : Polka et Valse. Ivry Gitlis, violon ; Friedrich Gulda, piano ; Orazio Frugoni, piano ; Eduard Mrazek, piano ; Sona Cervera, alto ; Georg Jelden, ténor ; Hans Jaray, récitant ; Chœur de femmes du RIAS de Berlin ; Chœur d’enfants de la cathédrale de Berlin ; Chœur de chambre de l’académie de Vienne ; Orchestre de l’opéra de Vienne ; Orchestre de la Radio de Cologne ; Orchestre symphonique de Vienne ; Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin ; Orchestre philharmonique tchèque ; Orchestre de chambre de l’académie de Vienne ; direction : Hans Swarowsky. 11 CD Profil Medien. Dates et lieux d’enregistrements non précisés. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée totale : 11 heures 56 minutes 25 secondes

 

Le chef d’orchestre Hans Swarowsky (1899-1975) est encore connu et souvent mentionné pour avoir enseigné à Vienne la direction d’orchestre à toute une génération de maestros célèbres. Mais les disciples ont éclipsé leur maître dont les disques ont disparu des rayons. Profil lui rend hommage.

Hans-Swarowsky_Profil-MedienPlus que comme chef d’orchestre, c’est comme professeur de direction que Hans Swarowsky (1899-1975) a marqué l’histoire de la musique au siècle dernier ; avoir enseigné cet art à des chefs devenus aussi célèbres et prestigieux que Claudio Abbado, Iván et Ádám Fischer, Mariss Jansons, Zubin Mehta ou Giuseppe Sinopoli pour ne citer qu’eux (car il y en a bien d’autres…) demeure en effet un titre de gloire ineffaçable. Seul l’italien Franco Ferrara peut se targuer de tels disciples. Il est heureux que Profil rende aujourd’hui hommage à l’art du chef en tant que tel car la plupart de ses gravure sont disparu des catalogues. Certes il faut passer sur des prises de son médiocres (particulièrement le live de la Symphonie n° 3 de Mahler), sur des orchestres de seconde zone hormis la Philharmonie tchèque ou l’orchestre de l’Opéra de Vienne, voire sur des solistes inégaux, pour se faire une idée de l’esthétique de Swarowsky.

Soyons clairs d’emblée, ce musicien dont Abbado saluait l’intégrité artistique n’avait pas l’étoffe des plus grands chefs de son époque. Formé à la direction d’orchestre auprès de Weingartner, Richard Strauss et Clemens Krauss, il fut aussi un proche de Berg et Webern et un ardent défenseur de l’école de Vienne du XXᵉ siècle. Ce coffret révèle un interprète plutôt classique de Haydn, Beethoven ou Schubert avec un goût du jeu sans rubato ou presque, des tempos rigoureux et proches des indications métronomiques notamment de Beethoven, des caractéristiques que retiendra plus tard Harnoncourt qui, en tant que violoncelliste des Wiener Symphoniker, aura souvent joué avec Swarowsky mais avec un génie qui fait défaut à son aîné. On retiendra particulièrement les Concertos n° 21 et n° 27 de Mozart pour l’originale vision de Gulda, à la fois passionnante et déroutante par ses idiosyncrasies. Côté solistes, si Ivry Gitlis alors au sommet de son art (1954) est flamboyant dans le concerto de Mendelssohn, on sera moins conquis par les prestations d’Eduard Mrazek seul dans le Concerto pour piano n° 2 de Brahms ou en compagnie d’Orazio Frugoni dans le n° 1 à deux pianos de Mendelssohn. Reste le grand répertoire post-romantique où l’on attendait Swarowsky ; le résultat est inégal et plutôt décevant. Certes les préludes et ouvertures de Wagner valent pour leur tenue et l’apport de la Philharmonie tchèque, mais le CD Richard Strauss au programme inhabituel (suite de la légende de Joseph et scène de valses d’Intermezzo aux côtés de Till l’espiègle et la danse des sept voiles de Salomé) sonne bien prosaïquement tandis que la Symphonie n° 3 de Gustav Mahler déçoit d’autant plus qu’on en attendait beaucoup. C’est en effet l’audition de cette symphonie sous la baguette de Furtwängler en 1920 qui allait décider Swarowsky à se consacrer à la direction d’orchestre. Mais, desservi par un orchestre bien moyen et peu familier de Mahler, une contralto impossible et placée trop près par la prise de son, l’œuvre ne trouve pas sa vraie dimension. En complément, quelques Lieder encore romantiques de Schoenberg poursuivent la veine mahlérienne tandis que deux pages particulièrement arides de l’immédiat après-deuxième guerre mondiale enregistrées lors de leurs premières exécutions publiques rappellent les vicissitudes de l’histoire.

Enfin, en bonus, un CD dédié à la famille Strauss conclut de façon plus convaincante ce coffret, grâce aussi au soutien de la Philharmonie tchèque et de l’Orchestre de l’opéra de Vienne. Globalement cependant, cet ensemble, déparé par des prises de son et des orchestres souvent médiocres, a plus le mérite de rappeler la personnalité de Swarowsky et son rôle dans l’histoire de la direction d’orchestre que de nous faire redécouvrir un interprète majeur.

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Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonies n° 70, n° 93 et n° 100. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour piano n° 21 et n° 27 ; Une petite musique de nuit. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 3 ; Ouverture des « Créatures de Prométhée » ; Grande fugue (arrangement Weingartner). Franz Schubert (1797-1828) : Symphonies n° 8 « Inachevée » et n° 9 « La Grande ». Felix Mendelssohn (1809-1847) : Concerto pour violon et orchestre op. 64 ; Concerto pour deux pianos et orchestre. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 3. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Kol Nidre ; Six lieder op. 8 ; Un survivant de Varsovie. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n° 2 ; Quatre danses hongroises. Richard Strauss (1864-1949) : Till l’espiègle ; Suite de valses du Chevalier à la rose ; Scène de valses, Intermezzo ; Suite de la Légende de Joseph ; Danse des sept voiles, extrait de Salomé. Richard Wagner (1813-1883) : Ouverture de Rienzi ; Préludes des actes 1 et 3 de Lohengrin ; Ouverture des Maîtres chanteurs de Nuremberg ; Prélude de Tristan et Isolde ; Prélude de Parsifal. Johann Strauss (1825-1899) : Ouverture du Baron tzigane ; Polkas ; Valses et Csardas. Josef Strauss (1827-1870) : Polka et Valse. Ivry Gitlis, violon ; Friedrich Gulda, piano ; Orazio Frugoni, piano ; Eduard Mrazek, piano ; Sona Cervera, alto ; Georg Jelden, ténor ; Hans Jaray, récitant ; Chœur de femmes du RIAS de Berlin ; Chœur d’enfants de la cathédrale de Berlin ; Chœur de chambre de l’académie de Vienne ; Orchestre de l’opéra de Vienne ; Orchestre de la Radio de Cologne ; Orchestre symphonique de Vienne ; Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin ; Orchestre philharmonique tchèque ; Orchestre de chambre de l’académie de Vienne ; direction : Hans Swarowsky. 11 CD Profil Medien. Dates et lieux d’enregistrements non précisés. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée totale : 11 heures 56 minutes 25 secondes

 
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