Livestream, Musique symphonique

Mathieu Herzog décevant dans Tchaïkovski et Dvořák

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Bordeaux. Auditorium de l’Opéra National Bordeaux-Aquitaine. 12-XI-2020. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Souvenir de Florence op. 70 (version pour orchestre à cordes) ; Antonin Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 8 en sol majeur op. 88. Orchestre National Bordeaux-Aquitaine, direction : Mathieu Herzog
Concert sans public diffusé en direct

Si Mathieu Herzog nous avait convaincus dans Mozart avec son ensemble Appassionato, il faut bien reconnaître que le répertoire slave semble moins bien lui convenir comme en atteste ce premier concert en live streaming, diffusé depuis l’auditorium de l’Opéra National de Bordeaux-Aquitaine.

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Dans un programme mettant judicieusement en miroir deux compositeurs slaves soumis à de fortes influences occidentales, Tchaïkovski et Dvořák, dans deux œuvres contemporaines (1890) : Souvenir de Florence et la Symphonie n° 8, Mathieu Herzog et l’ONBA peinent à convaincre dans une interprétation discutable, certainement pénalisée par le manque d’expérience (captation visuelle et prise de son) de l’équipe technique dans ce type de retransmission imposée par le confinement.

De Souvenir de Florence, Mathieu Herzog n’aura retenu que les brumes de la Russie de Tchaïkovski oubliant totalement le soleil de Toscane, nous livrant une lecture un peu raide portée par des cordes sèches, où lyrisme et legato font cruellement défaut. Une interprétation touffue, sans allegria ni fluidité, où ce sentiment d’indicible slavitude, fait d’un intime mélange de joie et de mélancolie, d’ombre et de lumière, semble totalement absent.

Malheureusement la Symphonie n° 8 de Dvořák souffre des mêmes critiques. D’interprétation difficile par sa profusion de contrastes, de nuances, de mélodies généreuses et d’accents slaves bien trempés, Mathieu Herzog nous en offre une vision assez « brute de fonderie » où se succèdent un Allegro con brio initial pompeux, décousu, dénué de délicatesse, de poésie et de clarté, dégageant mal des différentes interventions solistiques et les contrechants (flûte et violon) ; un Adagio qui peine à habiter les nombreux silences et échoue à maintenir tension et théâtralité dans les transitions entre insouciance (violon et flûte) et drame (cordes graves et cor) ; le célèbre Scherzo est sans doute le mouvement le plus réussi par son invitation à la danse portant de façon prégnante l’empreinte des Danses hongroises de Brahms ; un Allegro ma non troppo final bien mené, annoncé par un appel de trompette précédant une furieuse cavalcade orchestrale, conclut en beauté cette symphonie en demi-teinte.

Crédit photographique : Mathieu Herzog © Rémi Rière

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Bordeaux. Auditorium de l’Opéra National Bordeaux-Aquitaine. 12-XI-2020. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Souvenir de Florence op. 70 (version pour orchestre à cordes) ; Antonin Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 8 en sol majeur op. 88. Orchestre National Bordeaux-Aquitaine, direction : Mathieu Herzog
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