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Le Festival de Pâques honore la musique symphonique de Saint-Saëns

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Aix en Provence. Festival de Pâques. 4-IV-2021. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : La jeunesse d’Hercule op. 50 ; Introduction et Rondo capriccioso en la mineur op. 28 pour violon et orchestre ; Phaéton op. 39 ; Havanaise pour violon et orchestre op. 83. Africa ; Le Rouet d’Omphale op. 31 ; Concerto pour piano et orchestre n° 5 en fa majeur op. 103 dit « Egyptien » (2è mouvement) ; Le Timbre d’argent (La Valse) ; Danse macabre op. 40. Renaud Capuçon, violon. Bertrand Chamayou, piano. Orchestre Les Siècles, direction : François-Xavier Roth
Concert sans public, enregistré en direct, diffusé sur le site InLive Stream

A l’occasion du centenaire de la disparition de Camille Saint-Saëns (1835-1921), le violoniste , directeur du Festival de Pâques d’Aix en Provence, invite , l’orchestre et dans un programme totalement dédié au compositeur français, mettant en avant des extraits de sa musique symphonique et concertante.

Voici un programme festif et éclectique comprenant les quatre poèmes symphoniques composés par Saint-Saëns qui fut, à l’instar de Liszt, un des précurseurs du genre, sans en atteindre toutefois la puissance orchestrale, depuis le fade Rouet d’Omphale, jusqu’à la saisissante Danse macabre en passant par l’éclatant Phaéton ou la manichéenne Jeunesse d’Hercule. Des compositions courtes, de valeur assez inégale, qui permettent cependant d’apprécier les talents de coloriste du musicien français ainsi que sa maitrise dans le maniement de l’orchestre.

La Jeunesse d’Hercule (1876) débute par une mélodie voluptueuse entonnée par les cordes dans un climat crépusculaire, bientôt reprise par les vents. Violoncelle, cor et harpe s’avèrent les pièces maitresses de cette orchestration chatoyante. La dynamique est soutenue, le phrasé très en relief et riche en nuances sous la direction claire et précise de . Phaéton (1875) met l’accent sur la dynamique et la théâtralité en se déployant sur un ostinato bien marqué des cordes associées à des cuivres et percussions véhéments. Le Rouet d’Omphale (1872) complète la trilogie mythologique, séduisant par la délicatesse et l’élégance de son instrumentation (miroitement des bois) comme par son caractère envoutant et répétitif qui simule les mouvements du rouet. On peut regretter que François-Xavier Roth en donne une lecture un peu trop statique et peut être trop analytique, qui pénalise la continuité du discours et son pouvoir d’évocation. La Danse macabre (1875) est à juste titre la seule composition retenue par la postérité : fortement inspirée de la Symphonie fantastique, Saint-Saëns y révèle sa maitrise consommée dans l’agencement des timbres (violon solo, xylophone, bois, percussions et cuivres) parfaitement mise en valeur par François-Xavier Roth qui nous en livre une lecture à la fois claire, dynamique et sarcastique du plus bel effet.

Deux fantaisies pour violon et orchestre, sans grand intérêt, achèvent la première partie de ce gala : l’Introduction et Rondo capriccioso et La Havanaise, deux pièces de pure virtuosité violonistique, un peu vaine et sans âme, interprétées de façon assez narcissique par .

La seconde partie de soirée voit l’entrée du pianiste pour l’interprétation de deux pièces concertantes pour piano : Africa et l’Andante du Concerto n°5, aux accents orientalisants qui nous rappellent que Saint-Saëns fut un grand voyageur, et notamment en Egypte. Africa est une fantaisie pour piano (1891) peu connue, faite de thèmes africains « remémorés », recueillis ça et là, s’appuyant sur de solides bases rythmiques et une belle mélodie entrainante dont le pianiste français nous livre une interprétation enlevée, virtuose et précise, parfois presque curieusement jazzy, en parfaite symbiose avec un orchestre rutilant (bois). L’Andante du Concerto n° 5 dit « l’Egyptien », tout en retenue, déroule au mitan du mouvement une belle cantilène d’inspiration nubienne avant de nous inviter à un voyage vers l’Orient plus lointain, aux sonorités asiatiques, délicates et perlées, joliment rendues par Bertrand Chamayou.

La Valse extraite du Timbre d’argent, dont François-Xavier Roth s’est fait le héraut depuis l’exhumation de l’œuvre en 2017 à l’Opéra-comique, conclut ce gala sur une note entrainante, dernière occasion de souligner la qualité indiscutable de l’orchestre , mais aussi un curieux sentiment d’incomplétude qui nous habite tout au long de ce concert, probablement lié aux limites du genre florilège.

Crédit photographique : François-Xavier Roth © Caroline Doutre

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