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Jeunes Danseurs au Palais Garnier : une soirée débordante de vie

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Paris. Palais Garnier. 9-VII-2021. Musiques de divers compositeurs. Décors et costumes des productions originales. Avec : Victoire Anquetil, Marius Rubio, Luna Peigné, Chun-Wing Lam, Clémence Gross, Andrea Sarri, Célia Drouy, Jérémy-Loup Quer, Lucie Devignes, Max Darlington, Alexandre Boccara, Camille Bon, Mathieu Contat, Antonio Conforti, Roxane Stojanov, Florent Melac, Nine Seropian, Alexandre Gasse, Bleuenn Battistoni, Keita Bellali. Musiques enregistrées

La soirée Jeunes Danseurs est un évènement toujours apprécié du public car il permet de découvrir des artistes normalement en début de carrière dans des rôles de premier ordre, sous les feux de la rampe et sans pratiquement aucun décor.

Pour l’Opéra de Paris, c’est une aubaine qui ne demande aucun effort financier et assure quelques soirées qui s’exposent peu à la critique. En effet, on ne peut être que bienveillant devant des danseurs souvent très jeunes et qui sortent à peine de l’école, devant se frotter au langage contemporain, et à la rigueur académique, afin de convaincre en quelques minutes.

Dans Fête des fleurs à Genzano, Marius Rubio fait beaucoup d’efforts pour s’élever avec légèreté mais plus de concentration dans la puissance pourrait aussi convenir tout à fait. Victoire Anquetil est vive et nerveuse avec un joli coup de pied, mais l’ensemble sonne trop français et assez peu dans le style propre à Bournonville. Le pas de deux de l’Oiseau bleu de l’acte 3 de la Belle au bois dormant permet à Chun-Wing Lam, encore peu mis en avant malgré des qualités évidentes, d’éblouir par sa belle petite batterie et à d’être absolument charmante et agréablement lyrique.

And…Carolyn, pas de deux d’Alan Lucien Øyen sur un extrait de la bande originale d’American Beauty est dansé par et Andrea Sarri, poignant. Le pas de deux de Flammes de Paris (qui fait son entrée au répertoire) ne peut évidemment correspondre à tout ce que l’on peut voir dans les galas où se multiplient les virtuosités ou dans le spectacle entier par le Ballet du Bolchoï, mais Célia Droy s’en tire plutôt bien car elle a l’audace de tenter les pirouettes et les fouettés de façon franche et avec beaucoup de tonicité. parvient à garder un style assez pur même si on attendrait un peu plus d’effervescence. La première partie de ce spectacle se finit par un très court Non rien de rien et emportent l’adhésion dans une pièce saluée pour ce qu’elle signifie dans l’actuelle période troublée.

La seconde partie s’ouvre par Les indomptés de Claude Brumachon, créé en 1992 et dansé par les athlétiques Andrea Sarri et Alexandre Boccara qui forment un couple d’hommes dont les parcours se croisent avec l’émotion épidermique d’une relation amoureuse. Le cas du pas de trois du Cygne noir de l’acte 3 du Lac des Cygnes est difficile à défendre car l’ensemble est proprement indansanble. Pourrait-on en vouloir à Camille Bon de se défendre comme elle le fait avec la superposition de telles difficultés techniques qui semblent machiavéliquement mises bout à bout pour éprouver la danseuse ? essaye également d’ordonner la grammaire de la chorégraphie de Noureev, ainsi qu’, mais que les tours en l’air sont difficiles ! After the rain de Christopher Wheeldon est brillamment interprété par et , bien que la musique d’Arvo Pärt, utilisée ad nauseam par les chorégraphes contemporains colore toute tentative de chorégraphie de façon insipide et lénifiante. En regard du Roméo et Juliette de Bastille, la version d’Angelin Preljocaj est totalement investie par Nine Seropian et (ce dernier engagé dans le Corps de Ballet en 2007 !) où l’on perçoit l’expérience de la scène. Enfin, cette soirée pleine des espoirs de la troupe se clôt avec le dernier pas de deux de la Belle au bois dormant. Keita Bellali ne convainc pas encore tout à fait mais a une présence brillante qui, couplée à une technique perfectible, sera prometteuse dans des premiers rôles.

Crédits photographiques : La Belle au Bois dormant © Opéra de Paris ; Romeo et Juliette – Nine Seropian et © Loboff/ Opéra national de Paris

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Paris. Palais Garnier. 9-VII-2021. Musiques de divers compositeurs. Décors et costumes des productions originales. Avec : Victoire Anquetil, Marius Rubio, Luna Peigné, Chun-Wing Lam, Clémence Gross, Andrea Sarri, Célia Drouy, Jérémy-Loup Quer, Lucie Devignes, Max Darlington, Alexandre Boccara, Camille Bon, Mathieu Contat, Antonio Conforti, Roxane Stojanov, Florent Melac, Nine Seropian, Alexandre Gasse, Bleuenn Battistoni, Keita Bellali. Musiques enregistrées

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