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Vesselin Stanev joue Schumann et Brahms à la Salle Gaveau

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Paris. Salle Gaveau. 18-X-2021. Robert Schumann (1810-1856) : Études Symphoniques, op. 13 ; 5 Variations, op. posth. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour piano n° 3 en fa mineur, op. 5. Vesselin Stanev, piano

Artiste discret, le pianiste met en miroir cette saison à la Salle Gaveau les Études Symphoniques, op. 13 de Schumann et la Sonate n° 3 op. 5 de Brahms.


Initiées en 1834 sur la base de seize variations autour d’un thème du Baron von Fricken, auxquelles s’est ajouté une dernière variation sur un thème de Marschner, les Études Symphoniques pour piano seul de trouvent leur forme définitive en 1837, en un thème et douze variations. En 1890, Brahms réintègre les cinq variations supprimées par Schumann, depuis parfois jouée à la fin du cycle révisé. Aujourd’hui à la Salle Gaveau, interprète la version maintenant officielle, opus 13, de ces Études Symphoniques, auxquelles il intercale entre les études V et VI les cinq variations de l’opus posthume. Puis il relie Schumann à Brahms en deuxième partie avec la Sonate n° 3 du second.

Des études, il aborde d’abord le thème initial comme il est indiqué, sur un tempo lent et mesuré, beaucoup moins intéressé par une quelconque démonstrativité que par le message à porter. Il enchaine avec l’Étude I, toujours modérée, pour un toucher relativement dense par lequel chaque note se voit bien matérialisée. L’Étude II ouvre à plus de lumière, sans pour autant jamais s’exalter, car c’est ici bien un Schumann intime qui nous est présenté, le génie triste, mélancolique, toujours intérieurement troublé. L’inclusion en milieu de cycle des cinq pièces biffées par le compositeur ne dénature ni l’ouvrage ni l’interprétation, mais montre peut-être pourquoi Schumann les a finalement supprimées, pour créer non plus une suite de variations, mais bien une pièce d’études. Vesselin Stanev y montre toujours la même dextérité, jamais amplifiée et toujours maintenu dans une ligne conductrice vers le message à porter. Puis il revient aux études de l’opus 13 avec l’Agitato de la VI, pour ensuite plus appuyer les dernières, jusqu’à la XII, Allegro brillante plus contenue qu’éclairée, moins souple.

La Sonate n° 3 en fa mineur op. 5 de Brahms donnée ensuite présente la même approche, maintenue lors de ses cinq mouvements dans un son qui n’est jamais emporté vers les extrêmes, d’une douce nostalgie dans l’Allegro maestoso, d’une émotion encore plus concentrée sans être totalement développée à l’Andante. Le Scherzo garde la même ligne interprétative parfois bien appuyé dans le grave, mais toujours d’une pure intégrité par rapport à la partition. L’Intermezzo n’est pas tout à fait assez léger, quand le Finale ramène à toutes les impressions précédentes, à la fois mélancolique et contenu. En bis, Stanev reste avec les compositeurs du programme et offre avec son même toucher deux Intermezzi, d’abord le quatrième mouvement du Carnaval de Vienne de Schumann, puis la pièce n° 2 de l’opus 117 de Brahms.

Crédits Photgraphiques : © Inno Artistico

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Paris. Salle Gaveau. 18-X-2021. Robert Schumann (1810-1856) : Études Symphoniques, op. 13 ; 5 Variations, op. posth. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour piano n° 3 en fa mineur, op. 5. Vesselin Stanev, piano

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