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Brahms à Metz, une nouvelle génération trop sage

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Metz. Arsenal, Salle de l’Esplanade. 16-X-2021. Johannes Brahms (1833-1897) : Canons op. 113 ; Quatuors vocaux op. 31 et 112a ; Danses hongroises et valses pour piano à quatre mains ; Weltliche Gesänge op. 42 ; Liebeslieder Walzer op. 52. Ensemble vocal Les Métaboles, dirigé par Léo Warynski ; Yoan Héreau, Edoardo Torbianelli, piano

Metz. Arsenal, Salle de l’Esplanade. 20-X-2021. Johannes Brahms : Quatuor pour piano et cordes op. 25 ; quintette pour piano et cordes op. 34. Quatuor Hermès ; Geoffroy Couteau, piano

L’ensemble vocal Les Métaboles déçoit dans un programme autour des Liebeslieder-Walzer, tandis que et le restent trop timides dans deux œuvres pour piano et cordes.

La musique chorale allemande du siècle romantique est cruellement absente du programme de nos salles de concert, et son programme suffit donc à susciter la gratitude. Plutôt que les « nouveaux Liebeslieder-Walzer » op. 65, c’est un florilège d’œuvres de toutes les périodes de la vie de que l’ensemble propose pour accompagner les Liebeslieder-Walzer op. 52, a capella ou accompagnés au piano – plus précisément à un pianoforte dont on aimerait connaître plus précisément l’identité.

Les Métaboles viennent à Metz avec deux chanteurs par partie, même si certaines pièces du début du concert mobilisent un effectif moindre. Pendant toute la première partie du concert, on constate un net déséquilibre en faveur des voix féminines, l’une d’elles dominant même souvent nettement ; l’enchaînement des œuvres choisies, y compris des pièces pour piano (deux Danses hongroises au parcours brouillé, des valses extraites de l’opus 39 plus convaincantes) ne fait pas beaucoup de sens.

Après ces préliminaires, les choses s’arrangent heureusement pour la pièce de résistance du concert, en tout cas en matière d’homogénéité du chœur et de capacité à varier les textures. Tout n’est pas pleinement satisfaisant pour autant : les pièces en plus petit effectif, notamment le n° 17 pour ténor seul, ne sont pas très agréables, mais surtout le manque d’investissement sur le texte chanté contribue à une certaine indifférence. Certes, tout le concert laisse voir le manque de sensibilité littéraire de Brahms, capable de composer de grandes œuvres sur des textes très mineurs, mais à défaut de grande poésie, ces petits fragments de comédie amoureuse méritent bien un peu plus d’ironie et de fantaisie.

Quelques jours plus tard, c’est un autre artiste en résidence à l’Arsenal, , qui vient honorer Brahms dans la même salle, en compagnie du . Il a déjà enregistré avec eux le quintette et les trois quatuors avec piano, à l’Arsenal déjà ; l’épreuve de la scène, retardée par la pandémie, en offre deux morceaux choisis sans convaincre tout à fait. On aimerait un premier violon qui n’ait pas peur de se mettre en avant, qui soit une voix forte dans un dialogue exigeant. Mais on aimerait bien aussi un piano un peu plus audacieux, sortant d’une sorte de neutralité interprétative qui n’est certes pas dans l’esprit de ces œuvres.

Le concert est intitulé « Les cinq doigt de la main », mais ce qu’on entend laisse penser que ces cinq doigts sont exactement similaires et qu’aucun ne parle plus fort que les autres ; dans la main humaine, pourtant, le pouce se trouve être opposable, ce qui lui donne une position qu’on ne peut assimiler à celle de ses quatre partenaires. La musique de chambre est certes dialogue entre pairs, mais le dialogue est moins fructueux si chacun des participants semble tant craindre d’élever la voix.

Au début du concert, pour le Quatuor avec piano opus 25, l’impression domine d’une grande distance entre les partenaires, qui se comble progressivement pour plus de cohérence. Un bref moment de flottement au début du quintette est vite oublié, et les musiciens retrouvent une cohérence plus grande. Le finale du quintette est ici une chevauchée assez irrésistible, où la cohésion des musiciens est mise à l’épreuve avec succès. Mais l’auditeur a l’impression de ne jamais avoir le temps d’admirer le paysage, la vitesse emportant tout sur son passage, tous les virages, tous les accidents.

Crédits photographiques : Les Métaboles © Gil lefauconnier ; Quatuor Hermès © Lyodoh Kaneko

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Metz. Arsenal, Salle de l’Esplanade. 16-X-2021. Johannes Brahms (1833-1897) : Canons op. 113 ; Quatuors vocaux op. 31 et 112a ; Danses hongroises et valses pour piano à quatre mains ; Weltliche Gesänge op. 42 ; Liebeslieder Walzer op. 52. Ensemble vocal Les Métaboles, dirigé par Léo Warynski ; Yoan Héreau, Edoardo Torbianelli, piano

Metz. Arsenal, Salle de l’Esplanade. 20-X-2021. Johannes Brahms : Quatuor pour piano et cordes op. 25 ; quintette pour piano et cordes op. 34. Quatuor Hermès ; Geoffroy Couteau, piano

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