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Début de résidence du Quatuor Diotima à Metz

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Metz. Arsenal. 2-XII-2021. Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Quatuor n°3 ; Misato Mochizuki (née en 1969) : Brains ; Johannes Brahms (1833-1897) : Quatuor n°2, op. 51/2. Quatuor Diotima

Dans un programme qui va de la Vienne romantique à aujourd’hui avec , les Diotima présentent tout l’éventail de leur talent.


Une résidence d’artiste peut être aussi bien l’occasion pour un jeune talent de se développer dans un cadre privilégié, que l’occasion pour des artistes déjà accueillis partout d’explorer des pistes moins fréquentées . La toute nouvelle résidence du à la Cité musicale de Metz fait les deux à la fois : non seulement le quatuor fondé en 1996 va pouvoir poursuivre l’exploration du répertoire infini du quatuor, mais il va aussi y installer son Académie, destinée à aider les jeunes ensembles à développer leur personnalité artistique.

Pour ce premier concert, le programme va d’un grand classique à une œuvre très récente, parfaite carte de visite des Diotima. L’école de Vienne, au cœur de leur répertoire (une belle intégrale en témoigne), n’est présente qu’à la fin du concert, avec le Langsamer Satz de Webern, présenté dans toute sa luxuriance, toute la chaleur émotionnelle de son héritage romantique, sans mièvrerie et sans facilité.

Par contraste, le Quatuor n° 2 de Brahms qui précède immédiatement le bis prend des teintes beaucoup plus froides, sans la chaleur roborative qu’on s’attend à y entendre. Est-ce là « Brahms le progressiste » tel que Schönberg l’entendait ? Ainsi allégée de tout un poids expressif et humain, l’interprétation des Diotima présente l’intérêt de concentrer notre intérêt sur les processus musicaux ; ce n’est pas ce qu’on qualifierait d’interprétation de référence, mais le temps d’un concert, l’expérience ne manque pas d’intérêt.

La première partie commence par le surprenant Quatuor n° 3 de Korngold, œuvre tardive (1944-1945) qu’on peut voir comme un retour sur un monde musical perdu, influences de la modernité façon Schoenberg dans les deux premiers mouvements, effluves du romantisme tardif dans les deux derniers. Le frappe ici par sa fine appréhension des nuances stylistiques de ce retour en arrière.

La création est au cœur de l’identité du Quatuor Diotima, et le cœur de ce concert est une pièce de , Brains, qu’il avait créé lors du festival Présence en 2017. Brièvement présentée par un des musiciens, la pièce met en parallèle le fonctionnement du cerveau humain et celui de l’organe tétramorphe qu’est le quatuor à cordes, couplage et découplage des centres nerveux et des voix musicales, circulation de l’information de l’un à l’autre. La musique contemporaine cherche souvent son inspiration dans la science, mais c’est souvent au détriment de la pensée musicale ; ce n’est pas le cas ici, dans cette belle déclaration d’amour au quatuor à cordes, partition inventive et ludique qui va comme un gant à l’un des ensembles les plus inventifs d’aujourd’hui.

Crédit photographique © François Rousseau

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Metz. Arsenal. 2-XII-2021. Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Quatuor n°3 ; Misato Mochizuki (née en 1969) : Brains ; Johannes Brahms (1833-1897) : Quatuor n°2, op. 51/2. Quatuor Diotima

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