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La Tragédie de Salomé de Florent Schmitt à l’Athénée

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Paris. Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet. 11-XII-2021. Fabien Touchard : Prologue pour Salomé, pour bande électroacoustique. Loïe. Florent Schmitt (1870-1958) : La Tragédie de Salomé, drame muet d’après le poème de Robert d’Humières. Scénographie : Patrick Laffont De Lojo. Chorégraphie et interprétation : Léonore Zurflüh. Collaboration artistique : Cyril Teste. Sandrine Buendia, soprano. Les Apaches, direction musicale : Julien Masmondet

À l’Athénée, l’ensemble et son directeur musical présentaient la trop rare Tragédie de Salomé de , créée en 1907 et aujourd’hui complété d’un prologue du compositeur contemporain .


L’impact de Salomé de Richard Strauss, créée en 1905 d’après la pièce d’Oscar Wilde, inspira deux ans plus tard le compositeur français , à ne pas confondre avec son contemporain autrichien, Franz Schmidt. Décrit comme un drame muet, La Tragédie de Salomé prend cette fois appuie sur le poème de Robert d’Humières et ne dure qu’une heure environ. Elle ne fait appel à la voix qu’en fin d’ouvrage, avec une courte partie de soprano, dont le chant ne s’appuie sur aucun texte et qui peut même être remplacée par le hautbois dans la suite pour orchestre réécrite trois ans après. Créée en 1907 sous les pas de la danseuse Loïe Fuller, l’œuvre originale est aujourd’hui reprise au Théâtre de l’Athénée avec une première pièce en hommage à cette artiste : Loïe de .

Le public s’installe dans la salle, tandis qu’à l’écran passent déjà des extraits d’une chorégraphie et qu’une bande électroacoustique sert de Prologue pour Salomé. Loïe utilise ensuite de courts thèmes, répétés et échangés entre les musiciens, comme pour créer une danse à l’intérieur même de la musique. D’une dizaine de minutes, l’œuvre moderne introduite par la flûte met en avant la concentration de l’ensemble , parfaitement maintenue par le directeur musical, . Ensuite, la formation à deux instruments par groupe pour les cordes jusqu’aux violoncelles et une seule contrebasse nécessite de toujours bien maintenir les équilibres dans la partition de Schmitt, où les bois et surtout la harpe ressortent parfois plus, sans que cela ne soit véritablement gênant pour cette partition sous l’influence de Debussy dès l’introduction, et plus encore au 5e tableau, pour la partie marine.

Très bien composé, l’ouvrage mériterait d’être plus souvent entendu et de réapparaître au concert à l’instar de Der Seejungfrau (La Petite Sirène) de Zemlinsky ces dernières années. En plus d’atmosphères ravéliennes et debussystes, La Tragédie de Salomé utilise elle aussi l’orientalisme en présence à l’époque, et marque dans la danse sa redevabilité à l’opéra straussien. Masmondet accorde d’un geste sûr toutes ces ambiances, jusqu’à l’intervention de la voix, apparue par le parterre plutôt qu’en coulisse avec l’arrivée de , toute de noir vêtue.

À la place d’une danseuse sur scène, l’équipe scénographique sous la direction de Patrick Laffont De Lojo a choisi de filmer l’artiste , puis de recomposer un film autour de sa proposition chorégraphique, monté avec l’assistance de . Projetées sur grand écran derrière les musiciens, les images sont parfois mêlées avec celle du chef en train de diriger en direct. La prestation de la danseuse présente un engagement fort du corps, particulièrement sensuelle dans la danse presque nue du 6e tableau. On espère que cette intéressante remise en avant du drame par Les Apaches permettra d’autres projets similaires pour l’avenir.

Crédits photographiques © Julien Benhamou – Ensemble Les Apaches

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Paris. Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet. 11-XII-2021. Fabien Touchard : Prologue pour Salomé, pour bande électroacoustique. Loïe. Florent Schmitt (1870-1958) : La Tragédie de Salomé, drame muet d’après le poème de Robert d’Humières. Scénographie : Patrick Laffont De Lojo. Chorégraphie et interprétation : Léonore Zurflüh. Collaboration artistique : Cyril Teste. Sandrine Buendia, soprano. Les Apaches, direction musicale : Julien Masmondet

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