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Récital au TCE de Bruce Liu, lauréat 2021 du Concours Chopin

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 14-I-2022. Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturne op. 27 n°1 ; Rondo à la mazur op. 5 ; 2ème Ballade op. 38 ; Andante spinato et Grande polonaise op. 22 ; 2ème Sonate op. 35 « Funèbre » ; Variations sur « La ci darem la mano » du Don Giovanni de Mozart op. 2. Bruce Liu, piano

Pour ses débuts à Paris, le jeune lauréat du 18e Concours Chopin (2021) a créé la sensation dans un récital alliant tradition et originalité.

Remplaçant Jean-Philippe Collard (empêché pour raisons médicales), Bruce Liu proposeun programme Chopin organisé autour de quelques « tubes » mais aussi d’œuvres moins souvent jouées et enregistrées, telles que le Rondo à la mazur ou les Variations sur « La ci darem la mano ». L’ensemble témoigne d’une vision éminemment classique – au meilleur sens du terme – du compositeur.

On est frappé par la pureté du toucher de Bruce Liu, qui entre intensément dans chaque note, obtenant un son d’une rondeur magnifique. Une certaine économie de pédale lui permet de faire ressortir toutes les voix avec netteté. La main gauche est ample et bien timbrée. Les attaques, impeccables, captivent l’oreille sans être programmatiques : on ne sait pas toujours où Bruce Liu nous emmène mais on est obligé de suivre.

Ses qualités éminentes, Bruce Liu les met au service d’une exploration des différentes facettes de Chopin, des œuvres brillantes de jeunesse aux pièces plus intimistes de la maturité (Nocturne op. 27 n° 1, Ballade n° 2 op. 38, Sonate n° 2 op. 35), en passant par une Grande Polonaise (op. 22) volontiers concertante.

Bruce Liu y déploie une vaste palette de couleurs et d’émotions. Au recueillement du Nocturne succèdent l’entrain joyeux du Rondo, la furie de la modulation centrale de la Ballade n° 2, puis la majesté de la Polonaise et le lyrisme contenu de la Sonate « Funèbre » ; enfin, l’espièglerie des Variations sur le célèbre thème tiré du Don Giovanni de Mozart, brillamment exécutées sourire aux lèvres.

Bruce Liu donne à entendre un Chopin plein de vie, parfois dansant (lui-même ne tient pas en place sur son siège), loin des clichés figeant le compositeur dans un romantisme quasi-morbide dont l’humour serait forcément absent. Certes, Bruce Liu ne fait pas exploser le cadre mais il se procure un espace de liberté dans le respect des formes. Voici peut être une définition du classicisme et Bruce Liu nous rappelle justement que Chopin était un grand classique.

C’est d’ailleurs à un autre classique que Bruce Liu choisit de rendre hommage en bis, avec La Poule puis Les tendres plaintes de Rameau, admirables de finesse et de précision. Deux derniers rappels le ramènent à Chopin avec une géniale Étude op. 10 n° 5 et le Nocturne opus posthume en do dièse mineur pour conclure sur une note tragique et apaisée à la fois. Avec Bruce Liu, qui a des attaches sur les continents européen, américain et asiatique, c’est tout simplement un Chopin universel que l’on redécouvre.

Crédit photographique : ©Yanzhang /asiamusicarts

Lire notre entretien :

Bruce Xiaoyu Liu, vainqueur du Concours Chopin de Varsovie

 

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 14-I-2022. Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturne op. 27 n°1 ; Rondo à la mazur op. 5 ; 2ème Ballade op. 38 ; Andante spinato et Grande polonaise op. 22 ; 2ème Sonate op. 35 « Funèbre » ; Variations sur « La ci darem la mano » du Don Giovanni de Mozart op. 2. Bruce Liu, piano

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