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L’ONF et Cristian Măcelaru retrouvent la Philharmonie de Paris

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Paris. Philharmonie. 24-IV-2022. Edgar Varèse (1883-1965) : Amériques ; version révisée. Max Bruch (1838-1920) : Concerto pour violon n°1 en sol mineur, op.26. Sergey Khachatryan, violon. Igor Stravinsky (1882-1971) : Pétrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux ; version 1947. Orchestre National de France, direction musicale : Cristian Măcelaru

Donné à la Philharmonie, le concert de l’ permet d’entendre Sergey Khachatryan dans le Concerto pour violon n°1 de Bruch, ainsi que le rapport déjà fusionnel entre l’ensemble et son directeur musical Cristian Măcelaru.


La Philharmonie avait ouvert en 2015 avec un ouvrage du génial , compositeur trop peu entendu depuis dans la grande salle Pierre Boulez. Il est joué à présent avec Amériques grâce à l’, venu de la Maison de la Radio pour la deuxième fois cette saison avec son nouveau directeur musical.

Loin de surdévelopper la modernité de l’œuvre, Cristian Măcelaru recherche au contraire ses filiations françaises, dont les superbes couleurs ressortent dès l’introduction à la flûte. Il poursuit dans cette vision pour cette version révisée de la partition, toujours très colorée et fluide non seulement aux bois, mais également aux cordes, tandis qu’à mesure que les crescendos se déploient, le tutti se densifie. Resserrés sur la grande scène de La Villette, plus d’une centaine de musiciens, dont huit contrebasses, huit cors et une dizaine de percussionnistes, sont nécessaires à l’interprétation, qui pourtant ne présente jamais d’effet de lourdeur, mais juste une très grande concentration dans les forte, accompagnés des célèbres sirènes.

Le Concerto pour violon n°1 de donne ensuite la primeur à , qui, d’un geste toujours aussi entraînant, parfois à la palette idéalement tzigane porte au mieux la partition, notamment au Finale. La technique impeccable apporte une vive énergie dès le Vorspiel en même temps qu’elle montre un surplus de maturité chez l’artiste, notamment à l’Adagio médian. Il faut dire que l’on profite également de la magnifique sonorité de son instrument, un Guarneri 1740 surnommé « Ysaÿe », compositeur justement mis en valeur avec le premier bis, tandis que le second offre un doucereux thème populaire.

En deuxième partie de soirée, la fusion entre le chef et l’orchestre se montre encore plus évidente que dans la première pièce, pour un Petrouchka de Stravinsky encore empli de couleurs françaises. En plus des flûtes, le basson solo déjà remarqué auparavant ressort cette fois particulièrement, tout comme le cor anglais, les hautbois ou les clarinettes. Côté cuivres, la première trompette impressionne par sa puissance sans pour autant se montrer infaillible dans la justesse, bien que sa dernière intervention bouchée soit remarquable. Se démarque également tout le groupe de cor, dont le cor solo, ainsi que le trombone solo. Des cordes énergiques ressort l’excellente prestation de , sublime pour la Mort de Petrouchka en compagnie du piccolo, tandis que le chef développe le chef-d’œuvre d’une lecture toujours appliquée sur l’argument, tantôt grotesque et souvent dansante, avec un équilibre des masses impeccable, même dans les interventions soutenues du piano et des percussions.

Sous les applaudissements nourris, Măcelaru semblait vouloir reprendre un extrait du ballet en bis, mais la première violon lui fait consciencieusement remarquer qu’après un concert déjà si intense, il est temps de s’arrêter !

Crédit photographique : © ResMusica

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Paris. Philharmonie. 24-IV-2022. Edgar Varèse (1883-1965) : Amériques ; version révisée. Max Bruch (1838-1920) : Concerto pour violon n°1 en sol mineur, op.26. Sergey Khachatryan, violon. Igor Stravinsky (1882-1971) : Pétrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux ; version 1947. Orchestre National de France, direction musicale : Cristian Măcelaru

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