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Scintillement français avec Aziz Shokhakimov et l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg

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Strasbourg. Palais de la Musique et des Congrès. 28-IV-2022. Georges bizet (1838-1875) : L’Arlésienne, Suite n° 1. Henri Tomasi (1901-1971) : Concerto pour trompette. Gábor Boldoczki, trompette. Claude Debussy (1862-1918) : Images, pour orchestre. Orchestre Philharmonique de Strasbourg, direction musicale : Aziz Shokhakimov

Particulièrement convaincant avec l’Orchestre National de France dix jours plus tôt, reprend son pour un programme intégralement français.


Impressionnant par l’énergie comme par l’esprit devant l’Orchestre National de France mi-avril, il restait à deux programmes cette saison avec l’orchestre dont il est maintenant directeur artistique et musical, le Philharmonique de Strasbourg. Un concert d’œuvres russes prévu mi-mai avec la participation de Patricia Khopatchinskaja, et celui de fin avril : le Scintillement français.

Débuté par la Suite n° 1 de L’Arlésienne, le concert du jeudi au Palais de la Musique et des Congrès met à nouveau en avant la dynamique du chef, qui semble cependant rechercher chez Bizet plus l’énergie que la couleur. Vigoureux à son introduction, le Prélude affiche des cordes compactes avant de se détendre pour laisser apparaître la belle mélodie de saxophone alto. Puis le Minuetto met bien en exergue l’opposition entre les bois clairs et les cordes toujours concentrées, le tout emmené par le chef dans une danse qui n’est pas sans rappeler certains numéros de ballets russes. L’Adagietto permet de développer la douceur du geste de Shokhakimov pour créer une douce émotion, relevée par le Carillon. L’Arlésienne sera remise à l’honneur par le bis en fin de concert, cette fois avec la Farandole extraite de la Suite n° 2, fouettée par le chef !

Deuxième pièce du programme, le Concerto pour Trompette est finalement sans doute le concerto le plus célèbre des seize écrits par , même s’il reste relativement rare. Porté par la trompette de , l’ouvrage remet en avant la qualité du chef à accompagner un soliste, toujours très à l’aise pour adapter tant le rythme que les équilibres. Il profite d’un orchestre dont se démarque les coloris de la harpes, de la petite harmonie et de cuivres exempt de trompettes, puisque c’est l’instrument principal de l’œuvre, porté par un interprète qui utilise tout son souffle pour transporter sa partie, tantôt vive, tantôt jazzy ou parfois plus moderne. Il alterne pendant les trois mouvements avec trois sourdines, dont une sur laquelle il appose une mousse pour apporter un caractère plaintif à la Nocturne médiane, d’une sonorité lointaine qui n’est pas sans rappeler les partitions américaines de Ives. En bis, Boldoczki offre la moderne Fanfare de Stanley Friedman et démontre encore l’amplitude de sa palette sonore.


Images
de Debussy conclut la soirée et est joué intégralement, donc avec au milieu le triptyque Iberia, achevé d’une telle fougue qu’il déclenche les applaudissements comme si le cycle était terminé, bien qu’il reste encore Rondes de Printemps. Gigues introduit l’œuvre et bénéficie à nouveau des cordes compactes de l’OPS ainsi que de ses bois et plus particulièrement des hautbois, dont le cor anglais et surtout le hautbois d’amour, magnifique. Shokhakimov s’amuse ensuite avec les rythmes de Par les rues et les chemins, première des trois parties d’Iberia, rehaussée par les castagnettes. Le reste de l’interprétation, sans présenter une lecture globale particulièrement orientée, agence toujours avec équilibre et précision tous les pupitres, dont se démarquent le 1er alto par son superbe solo, la 1ère violon et les interventions du 1er cor.

Crédits photographiques : © Nicolas Rosès

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Strasbourg. Palais de la Musique et des Congrès. 28-IV-2022. Georges bizet (1838-1875) : L’Arlésienne, Suite n° 1. Henri Tomasi (1901-1971) : Concerto pour trompette. Gábor Boldoczki, trompette. Claude Debussy (1862-1918) : Images, pour orchestre. Orchestre Philharmonique de Strasbourg, direction musicale : Aziz Shokhakimov

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