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Le Don Giovanni de Kasper Holten disponible en Blu-ray

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, opéra en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène : Kasper Holten (reprise : Jack Furness). Décors : Es Devlin. Vidéo : Luke Halls. Costumes : Anja Vang Kragh. Lumières : Bruno Poet. Chorégraphie : Signe Fabricius (reprise : Anna-Marie Sullivan). Combats : Kate Waters (reprise : Annie Lees-Jones). Avec : Erwin Schrott, baryton (Don Giovanni) ; Malin Byström, soprano (Donna Anna) ; Myrtò Papatanasiu, soprano (Donna Elvira) ; Roberto Tagliavini, basse (Leporello) ; Daniel Behle, ténor (Don Ottavio) ; Louise Alder, soprano (Zerlina) ; Leon Košavic, baryton (Masetto) ; Petros Magoulas, basse (Le Commandeur) ; Chœur du Royal Opera House, Covent Garden (chef de chœur : Genevieve Ellis) ; Orchestre du Royal Opera House, Covent Garden, direction : Hartmut Haenchen. 1 Blu-Ray Opus Arte. Réalisation : Jonathan Haswell. Enregistré au Royal Opera House, Covent Garden les 25 septembre et 8 octobre 2019. Sous-titrage en anglais, français, allemand, italien, japonais et coréen. Brochure en anglais. Durée totale : à peu près 178 minutes (opéra) et 9 minutes (bonus)

 

Une belle mise en scène du chef d’œuvre de Mozart, servie par un impressionnant dispositif scénique et une distribution riche de nombreux atouts.

Ce nouveau Blu-ray se présente comme la captation en 2019 de la mise en scène de Don Giovanni autrefois réalisée en 2014 par , alors directeur du Royal Opera House de Covent Garden. Bien connue des spectateurs lyricomanes, cette proposition a été vue à Londres (six reprises), Barcelone, Houston ainsi qu’en Israël. La pièce vedette de ce superbe spectacle est assurément le décor massif et ingénieux de la scénographe Es Devlin, une immense structure cubique placée sur un plateau tournant permettant de dévoiler salles, niches, escaliers, portes ainsi que divers passages servant aux différentes allées et venues des personnages. Projetées sur des façades de couleur blanche, les vidéos de Luke Hall créent un climat oppressant, adapté à chaque fois au contenu des différents tableaux. Au cours de l’ouverture les murs se couvrent progressivement du nom imaginé des nombreuses conquêtes de Don Juan. Plus tard, diverses animations et projections contribuent à la beauté visuelle du plateau et à l’explicitation des partis pris de la mise en scène.

a en effet pris quelques libertés par rapport au livret, notamment dans son traitement du personnage de Don Juan, vu comme un être blasé et désabusé pris par le doute et les questionnements métaphysiques qui finalement ne chercherait à séduire que pour sortir de son vide existentiel. Dans les scènes dites du viol (l’introduction) et de la séduction (« La ci darem la mano »), Anna et Zerline en redemandent, Zerline n’hésitant pas à se dévêtir au finale de l’acte 1 afin de pouvoir faire accuser Giovanni de viol. C’est elle également qui le cherche et le provoque au moment du quatuor « Non ti fidar », pratiquement au nez et à la barbe de ce pauvre Masetto. Lors de la scène finale, après le départ du commandeur, Giovanni reste seul en scène, les autres personnages chantant depuis la coulisse. Pourrait-on à ce moment entrevoir une rédemption ou une éventuelle transfiguration ?

Sur le plan vocal, la distribution réunie pour cette reprise de 2019 est légèrement déséquilibrée par deux des interprètes féminines. aborde en effet Elvire avec des moyens dégradés, et la voix est trop chevrotante pour pouvoir tenir la ligne mozartienne. Elle n’en arbore pas moins quelques superbes pianissimi qui finissent par rendre attachant son personnage d’amoureuse blessée. Malyn Byström possède quant à elle un solide soprano dramatique qui semble tout emporter sur son passage, mais qui se trouve évidemment en difficulté dans les vocalises et les aigus de « Non mi dir ». Chez les dames, le plus beau chant mozartien provient sans conteste de la délicieuse Zerline de dont le soprano crémeux, qui n’hésite pas à enjoliver la ligne vers les hauteurs de la voix, convient, dans cette mise en scène, à la sensualité affichée par le personnage.

La distribution masculine est sans doute plus homogène. Le plus stylé de tous les interprètes est doute le ténor , dont l’élégante ligne de chant sied particulièrement à « Il mio tesoro ». Les partis pris de la mise en scène accentuent cependant assez tristement le caractère falot de son personnage. On notera également les belles prestations du jeune Croate , Masetto plus vindicatif que d’habitude, ainsi que de , impressionnant commandeur dont on ne sait s’il a une existence véritable ailleurs que dans les sombres pensées du personnage principal. Ce dernier est incarné par le formidable , bête de scène charismatique qui domine le plateau de la première à la dernière scène. Physiquement très habité, très à l’aise dans les récitatifs dont il n’hésite pas à réécrire les rythmes, il séduit tout particulièrement par son timbre caressant, qui fait merveille dans la sérénade. La présence à ses côtés de la basse , Leporello au grave chaud et profond capable lui aussi d’extrapolations vers le haut de la voix, constitue assurément un des grands atouts de cette production. Ce formidable tandem domine très nettement le reste du plateau. Dans la fosse, le chef d’orchestre renoue avec les lectures romantiques d’autrefois, ce qui paraît tout à fait cohérent avec la proposition de cette attachante relecture scénique.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, opéra en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène : Kasper Holten (reprise : Jack Furness). Décors : Es Devlin. Vidéo : Luke Halls. Costumes : Anja Vang Kragh. Lumières : Bruno Poet. Chorégraphie : Signe Fabricius (reprise : Anna-Marie Sullivan). Combats : Kate Waters (reprise : Annie Lees-Jones). Avec : Erwin Schrott, baryton (Don Giovanni) ; Malin Byström, soprano (Donna Anna) ; Myrtò Papatanasiu, soprano (Donna Elvira) ; Roberto Tagliavini, basse (Leporello) ; Daniel Behle, ténor (Don Ottavio) ; Louise Alder, soprano (Zerlina) ; Leon Košavic, baryton (Masetto) ; Petros Magoulas, basse (Le Commandeur) ; Chœur du Royal Opera House, Covent Garden (chef de chœur : Genevieve Ellis) ; Orchestre du Royal Opera House, Covent Garden, direction : Hartmut Haenchen. 1 Blu-Ray Opus Arte. Réalisation : Jonathan Haswell. Enregistré au Royal Opera House, Covent Garden les 25 septembre et 8 octobre 2019. Sous-titrage en anglais, français, allemand, italien, japonais et coréen. Brochure en anglais. Durée totale : à peu près 178 minutes (opéra) et 9 minutes (bonus)

 
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