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Jouissif concerto pour trompette de John Estacio par Marc Geujon

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Ernest Bloch (1880-1959) : Proclamation pour trompette et orchestre. Alexander Arutiunian (1920-2012) : Concerto en la bémol majeur. Jacques Hétu (1938-2010) : Concerto op. 43 pour trompette et orchestre. John Estacio (né en 1966) : Concerto pour trompette et orchestre. Marc Geujon, trompette ; Orchestre symphonique de Mulhouse, direction : Jacques Lacombe. 1 CD Indésens. Enregistré en septembre 2020 à La Filature (Mulhouse). Durée : 60:33

 

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Le trompettiste , super soliste de l’Orchestre national de l’Opéra de Paris, signe un album qui respire large, de l’Arménie au Canada, marqué par le premier enregistrement mondial du concerto de

Ah, réserve bien ses effets en plaçant le concerto de en conclusion de son album Proclamation. Comme il s’agit en ce qui nous concerne d’être efficace, commençons par la fin et disons tout net que ça fait bien longtemps qu’on n’avait pas pris autant de plaisir à écouter un concerto pour trompette. Composé en 2017 par le Canadien John Estacio pour célébrer les 150 ans de la Confédération Canadienne, ce concerto a été commandé par rien moins que dix-neuf orchestre canadiens, et c’est curieusement un soliste français et l’ qui l’enregistrent en première mondiale, avec certes qui fait le lien en tant que chef canadien. Né en 1966, le quinquagénaire John Estacio ne renverse pas la table (harmonique) et on imagine bien que pour une œuvre de commande célébrant la naissance d’une nation, il ne s’agissait pas de donner des maux de tête aux officiels. Séduction immédiate, souffle cinématographique, virtuosité brillante et joyeuse, lyrisme élégiaque, le concerto réunit tout ce qu’on peut attendre, et il le fait avec efficacité, élégance, émotion. L’orchestration impeccable est tenue, jamais vulgaire, pompeuse ou boursouflée, en tout cas telle qu’elle est interprétée ici par des musiciens qui se régalent. De la musique orchestrale populaire, qui devrait ravir des générations de solistes et d’auditeurs.

Le reste du programme n’est pas à négliger. Il s’ouvre par la rare Proclamation pour trompette et orchestre composée en 1955 par un de soixante-quinze ans, pièce courte dont l’aspect déclamatoire, dramatique et quelque peu solennelle fait une ouverture parfaite au programme. Le Concerto en la bémol majeur d’Alexander Arutiunian, datant de 1950 (le compositeur n’a alors que 30 ans), est un classique de l’époque soviétique, et elle répond aux mêmes exigences d’accessibilité que son successeur canadien plus de soixante-dix ans plus tard. Elle est jouée ici avec beaucoup de sensibilité (le Meno Mosso rêveur à souhait), mais les amateurs de musique slave pourront préférer des couleurs plus authentiques et des rythmiques plus accentuées, par exemple avec dirigé par avec l’orchestre de Iéna, Teldec Classics. Autre rareté, en particulier de ce côté de l’Atlantique, le Concerto opus 43 pour trompette et orchestre de , écrit en 1987, est le plus intimiste de l’album. Il partage avec son compatriote une indifférence assumée par rapport aux canons de la modernité telle que celle-ci est (encore aujourd’hui) conçue en Europe et en France, mais une fois ce point dépassé, on peut apprécier cette pièce dénuée de dramatisme et de brillant mais non de structure ni d’atmosphère.

Cet album est une très belle collaboration entre des musiciens français et canadiens, nourrie par de multiples complicités, puisque Marc Geujon est lui-même ancien soliste de l’Orchestre de Mulhouse. De la trompette actuelle comme ça, on en redemande !

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Ernest Bloch (1880-1959) : Proclamation pour trompette et orchestre. Alexander Arutiunian (1920-2012) : Concerto en la bémol majeur. Jacques Hétu (1938-2010) : Concerto op. 43 pour trompette et orchestre. John Estacio (né en 1966) : Concerto pour trompette et orchestre. Marc Geujon, trompette ; Orchestre symphonique de Mulhouse, direction : Jacques Lacombe. 1 CD Indésens. Enregistré en septembre 2020 à La Filature (Mulhouse). Durée : 60:33

 
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