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Madame Butterfly en salle et sur grand écran à Rennes

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Rennes. Opéra de Rennes. 16-VI-2022. Giacomo Puccini (1858-1924) : Madame Butterfly, tragédie japonaise en trois actes sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa. Mise en scène : Fabio Ceresa. Décors : Tiziano Santi. Costumes : Tommaso Lagattolla. Lumières : Flammetta Baldiserri. Chorégraphie : Mattia Agatiello. Avec : Karah Son, Cio-Cio San ; Angelo Villari, Benjamin F. Pinkerton. Manuela Custer, Suzuki ; Marc Scoffoni, Sharpless ; Gregory Bonfatti, Goro ; Jiwon Song, Prince Yamadori ; Ugo Rabec, Bonze ; Sophie Belloir, Kate Pinkerton ; Hector Carpentier, Dolore. Chœur Angers Nantes Opéra (Chef des Chœurs : Xavier Ribes). Orchestre national des Pays de la Loire, direction : Rudolf Piehlmayer

L’opéra revient sur grand écran à Rennes lors de la dernière représentation de Madame Butterfly de Puccini, dirigée par , en coproduction avec Angers Nantes Opéra.


Après deux années de confinement ou limitation du spectacle vivant, l’opération « Opera sur écrans » permet à l’Opéra de Rennes associé à Angers Nantes Opéra, de proposer un ouvrage capté en direct et diffusé dans de nombreux lieux des régions Bretagne et Pays de la Loire, à commencer par l’écran géant juste en face de l’opéra, sur la Place de la Mairie. En 2019, la projection de Der Fliegende Holländer de Wagner avait moins attiré les spectateurs malgré la grande réussite du spectacle, et la direction a préféré un ouvrage plus accessible pour cette dernière production de la saison 2021-22, captée après douze représentations entre les salles d’Angers, Nantes et Rennes.

L’œuvre n’avait plus été donnée depuis deux décennies en Bretagne et trouve pour l’occasion une nouvelle production de , qui sans chercher l’innovation, présente l’avantage de procurer de belles images par des décors (Tiziano Santi), costumes (Tommaso Lagattolla) et lumières (Flammetta Baldiserri), classiques et sobres. La scène japonaise représentée par de larges panneaux de bois clair permet de parfois créer des parois entre les protagonistes et de resserrer l’action, quand ils ne s’écartent pas à l’inverse pour l’ouvrir sur la mer et un destin rêvé par la malheureuse héroïne.


Pour cette dernière rennaise, on retrouve la distribution dans laquelle tient un Benjamin F. Pinkerton plus droit vocalement que la conduite de son personnage, puisque le livret d’Illica et Giaco lui propose tout simplement d’épouser une jeune femme de quinze ans, « âge des dragées et des poupées ». Au moins, cette histoire d’amour forcée est magnifiée par la musique de Puccini et trouve grâce à elle une grande force émotionnelle, ici mieux exposée par les gros plans des caméras retranscrits à l’écran, que par la vision dramaturgique économe donnée au spectateur en salle.

livre comme Pinkerton une ligne de chant droite à laquelle elle apporte plus de nuances par le charisme scénique que par la modulation des timbres et des couleurs, ces dernières mieux déployées par la mezzo pour Suzuki. Marc Scoffoni campe un Sharpless auquel il donne une belle stature, tandis que procure une touche d’exotisme bienvenue à son Goro. et ses graves chauds pour le bonze, Sophie Belloir et sa ligne lyrique pour Kate Pinkerton, et son prince au ruban émaillé de Svastika ainsi que le discret enfant de Cio-Cio San, Dolore, joué par le jeune Hector Carpentier, complètent une distribution accompagnée du dynamique Chœur d’Angers-Nantes Opéra.

En fosse, la partition symphonique est portée par l’, avec lequel choisit des tempi relativement lents dans un flux constant assez similaire à celui utilisé pour Wagner trois ans plus tôt. Cette lecture parfois peu poétique développe cependant bien l’action et s’accorde comme la scène à une proposition faite pour être filmée et retranscrite pour les milliers de personnes devant les écrans. Avec une jauge intégralement remplie lors de toutes les représentations et plus de quatre mille spectateurs le dernier soir sur la Place de la Mairie pour applaudir les artistes lors des saluts au balcon, l’Opéra de Rennes affiche une excellente dynamique et réussit à retrouver un public fidèle et diversifié, encore recherché par une grande partie des salles cette année.

Crédits Photographiques : © Martin Argyroglo (représentation) & Margaux Guivarch (extérieur)

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Rennes. Opéra de Rennes. 16-VI-2022. Giacomo Puccini (1858-1924) : Madame Butterfly, tragédie japonaise en trois actes sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa. Mise en scène : Fabio Ceresa. Décors : Tiziano Santi. Costumes : Tommaso Lagattolla. Lumières : Flammetta Baldiserri. Chorégraphie : Mattia Agatiello. Avec : Karah Son, Cio-Cio San ; Angelo Villari, Benjamin F. Pinkerton. Manuela Custer, Suzuki ; Marc Scoffoni, Sharpless ; Gregory Bonfatti, Goro ; Jiwon Song, Prince Yamadori ; Ugo Rabec, Bonze ; Sophie Belloir, Kate Pinkerton ; Hector Carpentier, Dolore. Chœur Angers Nantes Opéra (Chef des Chœurs : Xavier Ribes). Orchestre national des Pays de la Loire, direction : Rudolf Piehlmayer

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