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L’austérité classique d’Israel Galván dans 8 Solos 8

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Chapelle Saint-Louis de la Salpétrière, Paris. 6-IX-22. Dans le cadre du Théâtre de la Ville hors-les-murs. Israel Galván Company : 8 Solos 8. Chorégraphie et danse : Israel Galván. Musique : Domenico Scarlatti, jouée à l’orgue par Benjamin Alard. Son : Pedro Leon.

Premier spectacle de la saison danse 2022-2023 à Paris, 8 Solos 8 d’ propose une expérience sobre et intime au cœur de la chapelle Saint-Louis-de-la-Salpêtrière.

Le grand danseur flamenco , tenant d’une ligne pure et austère de son art, a visiblement été inspiré par la spiritualité émanant de la chapelle Saint-Louis-de-la-Salpêtrière, construite par Le Vau à la demande de Louis XIV pour l’hôpital de la Salpêtrière, pour y proposer une nouvelle version de son solo, intitulée 8 Solos 8.

Accompagné au grand orgue par qui joue quelques sonates de Scarlatti, le danseur propose une déambulation dans la nef principale et au cœur de la chapelle centrale. D’abord exclusivement éclairée par la lumière naturelle qui perce des verrières et de l’oculus sommital, la performance se voit soulignée par quelques projecteurs orangés, tout en restant d’une intense sobriété.

Suivie par une foule silencieuse et fervente, la silhouette épurée du bailaor semble d’abord n’être qu’un trait d’encre de Chine. Tunique noire à col Mao, pantalon étroit et chaussures blanches épousant le pied, il parcourt en ligne droite et à petits zapateados la double largeur de la nef. Pieds quasiment joints, il se concentre sur le son qu’il produit, d’abord sur la pierre du sol, puis sur les rampes de bois empruntées aussi par des spectateurs avides de ne manquer aucune inflexion de sourcils, mouvement de pieds ni port de bras du danseur.

La proposition chorégraphique se libère au fil du spectacle et devient plus ample et généreuse, avec des mouvements de bras plus affirmés. Israel Galván rejoint progressivement le centre de la chapelle, s’ancrant sous l’oculus dans un cercle sonorisé de sable gris qu’il fait crisser de la pointe ou du talon de sa chaussure. L’expérimentation devient alors sonore, redoublant d’intensité et de concentration. Virtuose dans son minimalisme, la chorégraphie relève autant de la performance que d’une écriture au cordeau.

Ce n’est que dans la toute dernière partie du spectacle, un dispositif plus frontal au pied du grand orgue néo baroque, niché dans une chapelle latérale, qu’Israel Galván laisse plus libre cours à sa créativité et à sa fantaisie. Utilisant ses mains, son corps devient alors instrument de musique et terrain de jeu, faisant concurrence à l’orgue ou s’amusant à dialoguer avec lui. Une magnifique et limpide expérience.

Crédits photographiques : © Théâtre de la Ville / Nadège Le Lezec

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Chapelle Saint-Louis de la Salpétrière, Paris. 6-IX-22. Dans le cadre du Théâtre de la Ville hors-les-murs. Israel Galván Company : 8 Solos 8. Chorégraphie et danse : Israel Galván. Musique : Domenico Scarlatti, jouée à l’orgue par Benjamin Alard. Son : Pedro Leon.

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