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Florilège au féminin autour du piano de Sophia Vaillant

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Hélène de Montgeroult (1764-1836) : Étude n° 111 en sol mineur. Louise Farrenc (1804-1875) : Nocturne op. 49 en mi bémol majeur. Cécile Chaminade (1857-1944) : 3 Danses anciennes op. 95. Pauline Viardot (1821-1910) : Mazourke en do mineur pour piano. Germaine Tailleferre (1892-1983) : Impromptu en mi majeur. Lili Boulanger (1893-1918) : 3 Morceaux pour piano. Betsy Jolas (née en 1926) : Tango Si, Signets (hommage à Ravel). Edith Lejet (né en 1941) : Trois Eaux-fortes. Graciane Finzi (né en 1945) : Barcarolle du souvenir. Edith Canat de Chizy (née en 1950) : Prélude au silence. Sophia Vaillant, piano. 1 CD Indésens. Enregistré à la Salle Molière (Lyon) les 5 et 6 février 2021. Texte de présentation en français. Durée : 56’

 

Le répertoire est 100% féminin dans cet album pour le piano où sont réunies dix compositrices et autant de pièces courtes que a choisi de présenter de manière chronologique, d’ à .

L’Étude n° 111 en sol mineur d’ (1764-1836) – compositrice et pianiste qui fut la première professeure de piano à être nommée au Conservatoire de Paris – appartient à son ouvrage pédagogique intitulé « Cours complet pour l’enseignement du fortepiano ». Du tempérament et une certaine urgence traversent cette courte pièce annonçant les tourments de l’âme romantique. Avec le Nocturne op. 49 en mib de (1804-1875), elle-même professeure de piano au Conservatoire, on aborde aux rives du romantisme et ses couleurs harmoniques chatoyantes qui ne manquent pas de charme et d’élégance sous les doigts de la pianiste. L’expressivité est mise à distance dans les 3 Danses anciennes op. 95 de (1857-1944). Virtuose de son instrument, elle regarde, comme ses contemporains Debussy et Ravel, vers les « maîtres classiques » du XVIIIᵉ siècle : la Courante est jouée avec une précipitation que rien ne légitime! On préfère les accents nobles de la Mazourke de (1821-1901), grande dame de la musique qui tient, sa vie durant, une place éminente dans la vie musicale de son temps et chez qui l’art du chant et de la scène habite chacune des compositions. Le nom, sinon la musique de (1892-1983) reste dans les mémoires, inscrit au sein du Groupe des Six (1916-1923). Pris à vive allure, son Impromptu fait généreusement sonner le piano même s’il manque à notre goût fluidité et legato dans la ligne mélodique. Le ton change et le discours s’émancipe avec (1893-1918), la première femme à décrocher le Prix de Rome en 1913, dont les Trois Morceaux pour piano sont composés à la Villa Médicis. Des tensions harmoniques toutes wagnériennes texturent la première, D’un vieux jardin, tandis que D’un jardin clair laisse filtrer la lumière et ouvre l’espace. On admire la concision et la ciselure de l’écriture dans Cortège où une même idée revient sous différents éclairages.

Des quatre compositrices d’aujourd’hui invitées dans l’album, (née en 1926) est la doyenne, qui honore encore bon nombre de commandes. Dans Tango Si, aussi court (moins de deux minutes) que spirituel, elle prend librement ses distances avec le modèle. Signets (hommage à Maurice Ravel) n’est pas moins suggestif, laissant résonner une note obstinée dans un espace où le raffinement harmonique le dispute à la fantaisie du geste. D’Édith Lejet (née en 1941), compositrice et pédagogue elle aussi infatigable, Trois Eaux-Fortes fait référence au domaine visuel et sollicite toutes les ressources du clavier, entre jeu de résonance et dimension plus percussive. Le temps suspendu de la deuxième, s’achevant sur le mouvement d’une tierce pendulaire, est d’un raffinement exquis. Barcarolle du souvenir de la très prolifique (née en 1945) est une commande du concours Long-Thibaud de 2001 : la pièce est empreinte de nostalgie, déployant les voix d’un contrepoint généreux avec une certaine emphase lyrique qui ne va pas sans pathos ; soulignons que les dynamiques sont laissées au choix de l’interprète ! Prélude au silence d’ (née en 1950) referme judicieusement l’album sur les sonorités d’un piano doucement carillonnant dans un espace traversé d’appels mystérieux.

cerne au mieux l’univers de ces quatre personnalités sondant les ressorts du clavier chacune à leur manière et au gré de leur imaginaire.

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Hélène de Montgeroult (1764-1836) : Étude n° 111 en sol mineur. Louise Farrenc (1804-1875) : Nocturne op. 49 en mi bémol majeur. Cécile Chaminade (1857-1944) : 3 Danses anciennes op. 95. Pauline Viardot (1821-1910) : Mazourke en do mineur pour piano. Germaine Tailleferre (1892-1983) : Impromptu en mi majeur. Lili Boulanger (1893-1918) : 3 Morceaux pour piano. Betsy Jolas (née en 1926) : Tango Si, Signets (hommage à Ravel). Edith Lejet (né en 1941) : Trois Eaux-fortes. Graciane Finzi (né en 1945) : Barcarolle du souvenir. Edith Canat de Chizy (née en 1950) : Prélude au silence. Sophia Vaillant, piano. 1 CD Indésens. Enregistré à la Salle Molière (Lyon) les 5 et 6 février 2021. Texte de présentation en français. Durée : 56’

 
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