La Scène, Opéra, Spectacles divers

L’Atelier Lyrique de Bourgogne-Franche-Comté présente : Il était une fois Maria Callas

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Besançon. Petit Kursaal. 01-II-2026. Récital conté. Dialogues de Jérôme Solavagione d’après le livre « Femmes d’exception – 50 portraits du XXè siècle à nos jours » de C.P. Johson. Mise en scène : Jérôme Solavagione. Décors : Laurent Vachon. Costumes : Pauline Ricard. Chorégraphie : Caroline Queyras. Régie : Thierry Pegeot, Laurent Vachon. Avec : Eve Uhlmann (soprano), Ana Dupoux, Estelle Grattard, Mylène Jeandet, Brigitte Lanier, Maria Callas ; Jérôme Solavagione, le grand-père ; Isao Togni, son petit-fils ; Brigitte Lanier, la mère de Callas ; Rose Dupoux, Yakinti danseuse ; Lolita Bulliot, Esla Maxwell ; Emilie Dupoux, la professeur de danse ; Thierry Pegeot, Batista ; Marine Rochelendet, la journaliste ; Olivier Togni, le journaliste et Ferrucio ; Jacques Guyard, Aristote Onassis ; Claude Riss, C.M. Guilini ; Aude Mugnie, A. Ghirenghelli ; Geneviève Farellacci, Bruna ; Maurizio Prosperi, Serafin ; Pauline Ricard, une danseuse. Trompette : Rémi Colombet. Direction musicale et piano : Maurizio Prosperi

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La formule n'est pas courante dans les spectacles lyriques : abolir les frontières entre opéra, théâtre, danse et récital. C'est le pari tenu par l' dans une production complète susceptible de réunir tous les publics. 

Un mot tout d'abord concernant l', dont le siège se trouve à Dijon : créé en 1996 par Serge Gastaud, il a pour vocation de former des artistes lyriques et d'intégrer les meilleurs dans des spectacles originaux gardant une base traditionnelle modernisante. Une centaine de recréations ont ainsi vu le jour en 30 ans : un répertoire d'opéras, d'opérettes, de comédies musicales, de concerts et de récitals mêlant professionnels ou non, venant de tous horizons.

Un décor immuable qui pose une ambiance : un salon où trône une bibliothèque, une méridienne, un poste TSF, table basse, chaises, tapis, piano droit ; atmosphère feutrée, fond rouge en rappel des fauteuils de théâtre, éclairage doux. Tout incite à l'écoute. Ici passent les époques. La vie se déroule, narrée comme une histoire par un grand-père à son petit-fils. Pas la vie de n'importe qui, celle de . Les étapes essentielles, le cycle complet d'une existence courte et bien connue, les hauts et les bas d'une héroïne d'opéra au quotidien, entourée de sa famille, des hommes et des femmes qui l'ont connue. Pas moins de cinq interprètes jouent son rôle.

L'idée d'en faire un récital illustré et conté est donc parfaitement appropriée : , artiste polyvalent en charge des dialogues prend la place du narrateur. La partie théâtrale évite un bavardage inutile pour aller à l'essentiel : absence de jeu d'acteurs surdimensionnés qui tirent à eux la couverture, intermèdes dansés, certaines scènes, même muettes, accompagnées par le seul piano, apportant un bel équilibre. La diction est parfois sans doute un peu trop lisse dans sa globalité. Davantage de relief, de coups d'éclats, de voix qui portent auraient été les bienvenus. Certains moments méritaient plus de projection sonore.

Le travail recherché des costumes est à souligner. C'est d'ailleurs du blanc, au bleu, puis au rouge, avant de revenir au blanc qu' relève la défi d'incarner vocalement la Callas. Jeune soprano talentueuse, elle interprète d'emblée les deux airs d'opéra qui figent à tout jamais pour l'éternité l'art lyrique de Callas : « Casta diva » et « Vissi d'arte ». Bien sûr qu'il est impossible de ne pas avoir dans l'oreille le timbre unique de la Divine, mais il reste superflu de vouloir comparer. Les airs d'opéras sont accompagnés délicatement au piano par Maurizio Prosperi. Un piano droit, une chanteuse dans un salon : on dirait une séance de récital privé, bien intégrée de ce fait aux scènes parlées. L'acoustique sans pitié de la salle, très sèche et mate, sans aucune réverbération, donc très délicate pour la chanteuse et ne permettant aucune tricherie sur la valeur du son, n'entache pas les airs de Bellini, Puccini, Massenet, Gounod, Verdi d'un répertoire rebattu, virtuose, périlleux, mais parfaitement bien mené, bien conduit, grâce à un timbre brillant, des aigus clairs et tenus, et une très bonne diction, ce qui n'est pas donné à tout le monde, y compris aux meilleurs. Des airs qui mènent (ou pas) à une belle carrière, ce qu'on souhaite à la diva de la soirée.

L'Atelier Lyrique, c'est un orchestre, un chœur (tout le monde chante au finale le Va pensiero de Nabucco soutenu à la trompette), un ballet, des costumières, des décorateurs et des techniciens qui constituent une troupe à taille humaine motivée par une même passion, différente de celles des grandes maisons parfois un peu standardisées et soumises à d'autres lois. Un spectacle vivant complet donc grâce à une troupe qui croit à ce qu'elle fait, et que l'on sera curieux de suivre dans les productions à venir.

Crédit photographique : ©

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Besançon. Petit Kursaal. 01-II-2026. Récital conté. Dialogues de Jérôme Solavagione d’après le livre « Femmes d’exception – 50 portraits du XXè siècle à nos jours » de C.P. Johson. Mise en scène : Jérôme Solavagione. Décors : Laurent Vachon. Costumes : Pauline Ricard. Chorégraphie : Caroline Queyras. Régie : Thierry Pegeot, Laurent Vachon. Avec : Eve Uhlmann (soprano), Ana Dupoux, Estelle Grattard, Mylène Jeandet, Brigitte Lanier, Maria Callas ; Jérôme Solavagione, le grand-père ; Isao Togni, son petit-fils ; Brigitte Lanier, la mère de Callas ; Rose Dupoux, Yakinti danseuse ; Lolita Bulliot, Esla Maxwell ; Emilie Dupoux, la professeur de danse ; Thierry Pegeot, Batista ; Marine Rochelendet, la journaliste ; Olivier Togni, le journaliste et Ferrucio ; Jacques Guyard, Aristote Onassis ; Claude Riss, C.M. Guilini ; Aude Mugnie, A. Ghirenghelli ; Geneviève Farellacci, Bruna ; Maurizio Prosperi, Serafin ; Pauline Ricard, une danseuse. Trompette : Rémi Colombet. Direction musicale et piano : Maurizio Prosperi

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