Le Trio Busch inspiré par les trios avec piano de Beethoven
Avec ce second volume, le Trio Busch réitère sa performance récente dans les trios avec piano de Beethoven.
Dès ses premiers opus Beethoven se manifesta par un renouvellement permanent et brillant de son invention mélodique, de ses lignes rythmiques et de son inspiration créatrice. La série des trios pour violon, violoncelle et piano, œuvres de jeunesse, en offre une démonstration patente.
Le Trio en sol majeur, op. 1 n° 2, publié à Vienne en 1795 est dédié à son protecteur le prince Karl Lichnowsky qui assista à la création chez lui, en présence de Joseph Haydn. Le premier mouvement, commence par une section notée Adagio débouchant sur un Allegro vivace non dépourvu de grâce et de sections délicates très plaisantes que le Trio Busch relie comme naturellement à la manière de Haydn. Un Largo con espressione élabore une musique très nostalgique et sentimentale de toute beauté qu’embellissent avec une magnifique subtilité les musiciens. Ce mouvement contraste franchement avec le vif Scherzo (Allegro) suivant. Le Finale, Presto brille par sa prestance et sa fantaisie.
Le Trio n°9 en mi bémol majeur (WOO 38), datant de 1790-1791, longtemps moins fréquenté, fut mis en avant par l’enregistrement d’Emil Gilels et Mstislav Rotropovitch en 1950. Dépourvu de mouvement lent, il compte trois mouvements ayant la même tonalité et son Rondo final permet au violoncelle d’assurer une partie plus conséquente qu’habituellement.
Le programme propose aussi un Allegretto en mi mineur contemporain de l’œuvre précédente et un Allegretto en si bémol, plus tardif, que le compositeur écrivit en pensant à Antonie, la fille de Brentano, supposément la fameuse « immortelle Bien-aimée », simple mouvement de sonate de conception plutôt modeste.
Ce programme réjouissant s’achève avec un Thème suivi de 14 variations en mi bémol majeur commencé vers 1792 et terminé plus tard en 1801. Le thème joyeux et badin revient au compositeur lui-même inspiré par un Singspiel oublié de Carl Ditters von Dittersdorf. Toute l’agilité créatrice enthousiaste de Beethoven s’y manifeste en empruntant un panel de traits variés que les membres du Trio Busch abordent avec adresse et mérite.
L’homogénéité du jeu, la souplesse des thèmes et la précision des rythmes rendent compte, une nouvelle fois, du niveau remarquable atteint par ces trois instrumentistes complices depuis leur rencontre à Londres, mais aujourd’hui installés à Amsterdam. Leur musicalité a souvent été qualifiée de remarquable, ce que corroborent les nombreux éloges soulignés par les critiques. L’enregistrement de ces trios avec piano de Beethoven confirme le travail accompli et déjà constaté dans leurs précédentes gravures d’œuvres de Dvořák, Schubert, Ravel et Chostakovitch. L’écoute de ce second volume enregistré en 2024 offre à l’auditeur une délicate et mémorable expérience.











