Le chef d’orchestre Frédéric Chaslin apparaît dans les documents Epstein
Le magazine allemand Van Magazine a indiqué hier que le nom du chef d'orchestre Frédéric Chaslin apparaissait à de très nombreuses reprises dans les nouveaux documents Epstein publiés vendredi dernier.
Après vérification sur le site web du ministère de la Justice américain, il apparait via une recherche qu'au moins 376 documents sont liés à Frédéric Chaslin. Remontant à 2012 et jusqu'à 2018, ces mails (pour la plupart) révèlent que le chef d'orchestre et le pédocriminel étaient proches et se sont rencontrés très régulièrement pendant ces années : à Paris, à l'occasion de tours en bateau ou à Santa Fe où Frédéric Chaslin a été chef. Certaines conversations entre les deux hommes évoquent le mouvement #Metoo et la chasse dont seraient victimes les hommes. On apprend que Frédéric Chaslin a organisé pour Jeffrey Epstein une visite privée de l'Opéra de Paris, et lui a proposé d'en organiser une au Château de Versailles. Il remercie Epstein de lui avoir présenté Woody Allen.
Nous reproduisons par ailleurs ci-dessous un email qui interroge particulièrement.

Frédéric Chaslin a apporté deux réponses détaillées à notre publication, d'une part sur les réseaux sociaux et d'autre part en commentaire (voir en bas de page), où il dit notamment : « Mes relations avec lui ont toujours été sporadiques et se sont strictement limitées à des échanges conformes aux règles les plus élémentaires de politesse entre un potentiel mécène et un artiste à la recherche de financements pour ses projets, ce qui relève d'une banalité affligeante. »
Message sur les réseaux sociaux :
« Je me permets d'apporter une précision factuelle, afin d'éviter toute confusion.
Les échanges de courriels me concernant, datés de 2013 à 2019, étaient occasionnels, transparents et d'un contenu parfaitement neutre. Ils s'inscrivaient dans un contexte où Jeffrey Epstein était alors présenté, comme à beaucoup d'autres dans les milieux culturels et artistiques, comme un possible mécène. Je ne l'ai rencontré que très rarement, toujours en présence de ma compagne de l'époque ou de mon épouse.
En 2013, Jeffrey Epstein m'a demandé de lui recommander une traductrice américaine, afin de l'aider à visiter des musées français lors d'un séjour à Paris. La mention d'une « jeune femme » dans un courriel fait exclusivement référence à cette traductrice/interprète adulte (21 ans). Je me suis limité à mettre deux adresses email en relation. Cette personne a décliné la proposition après un premier échange, et aucune rencontre n'a jamais eu lieu.
Toute interprétation de cette mise en relation professionnelle comme une entremise à caractère sexuel est factuellement fausse. Extraire des phrases isolées de leur contexte pour leur attribuer un sens qu'elles n'ont jamais eu relève d'une relecture abusive qui entre pleinement dans le cadre de la diffamation, telle que définie par la loi, et peut être poursuivie comme telle.
Les documents publiés ne révèlent aucune faute, aucun comportement répréhensible, ni aucune suite concrète aux échanges cités.
Frederic Chaslin »
Modifié le 03/02/2026 à 14h02













Étant le principal concerné par cet article, je me dois d’apporter quelques précisions importantes.
Tout d’abord, si les Epstein Files font apparaître cinq cents et quelques occurrences de mon nom, il convient de préciser que le nombre exact d’e-mails échangés sur une période de six ans avec cet individu — que je ne connaissais que par l’intermédiaire de ma fiancée de l’époque et que je n’ai rencontré très exactement que quatre fois — est d’environ cinquante. Ce chiffre n’a rien d’excessif, d’autant plus que ces messages étaient tous extrêmement brefs : trois ou quatre lignes au maximum, parfois même quelques mots seulement, essentiellement lorsqu’il était de passage à Paris et qu’il me demandait simplement : « Êtes-vous là ? ».
Je ne l’ai jamais rencontré à Cannes — c’est une autre erreur. Je l’ai rencontré strictement à New York, à son domicile, lors de dîners réunissant des dizaines de personnalités issues de la plus haute société imaginable. Je ne citerai aucun nom ici, chacun sachant que tout le monde ou presque est passé à sa table. Je l’ai également rencontré deux fois à Paris, avec ma fiancée de l’époque, à son domicile de l’avenue Foch, pour un déjeuner rapide et une discussion portant sur un éventuel financement de l’opéra que nous avions écrit ensemble. Enfin, je l’ai reçu une fois sur ma péniche, par simple curiosité de sa part, désireux de voir un lieu qu’il n’avait encore jamais vu.
Je n’ai jamais organisé pour lui une visite de l’Opéra de Paris. J’ai simplement mis sa secrétaire en contact avec une personne de l’Opéra qui s’occupe habituellement de ce type de demandes. En ce qui concerne les autres musées, je lui ai clairement indiqué que je ne connaissais personne et qu’il devait se débrouiller par lui-même, éventuellement avec l’aide d’une interprète que j’avais envisagé de lui recommander, mais qui a finalement décliné cette proposition.
Il est important de souligner qu’il n’y a eu, et qu’il n’y aura jamais, aucune plainte ni aucune personne s’estimant lésée — et pour cause.
Mes relations avec lui ont toujours été sporadiques et se sont strictement limitées à des échanges conformes aux règles les plus élémentaires de politesse entre un potentiel mécène et un artiste à la recherche de financements pour ses projets, ce qui relève d’une banalité affligeante.