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La Roque d’Anthéron : Gaspard Dehaene en récital au musée Granet

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Aix en Provence. Musée Granet. 18-VI-2026. Florent Schmitt (1870-1958) : En rêvant, extrait de Soirs, opus 5. Lili Boulanger (1983-1918) : D’un vieux jardin, extrait de Trois Pièces. Mel Bonis (1858-1937) : Au crépuscule, opus 111. Georges Enesco (1881-1955) : Pavane opus 50. Louis Aubert (1877- 1968) : Lutins, opus 11.  Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Valse nonchalante, opus 110. Maurice Ravel (1875-1937) : Pavane pour une infante défunte; Jeux d’eau.  Gabriel Fauré (1845-1924) : Pavane, opus 50; Valse-caprice n° 1, opus 30. Frédéric Chopin (1810-1849) : Barcarolle en fa dièse majeur, opus 60. Garpard Dehaene, piano.

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Dans le cadre du Festival de la Roque d’Anthéron, le musée Granet accueillait le pianiste dans un récital autour de l’œuvre de et de son héritage musical. 

Un programme hommage au compositeur mais aussi à ceux qui l’ont côtoyé et célébré. abordant ainsi la Belle Époque, la fin du romantisme français et les débuts de l’impressionnisme au début du XXe siècle.

À plusieurs reprises, prend le temps d’introduire les pièces du programme articulées autour de « Fauré et de ses élèves ». Ses interventions donnent ainsi des clefs pour l’écoute et établissent une proximité chaleureuse avec le public. Certaines pièces du programme ne sont presque jamais jouées en concert. C’est le cas du premier morceau En rêvant extrait de Soirs par Florent Schmitt. Entre évocation et invitation poétique, le style est donné avec une belle intonation, l’évidence d’un phrasé fluide qui va à l’essentiel – ce sera une constante – et instaure une atmosphère sensuelle en demi-teinte. Dans la pièce suivante, nous sommes invités dans l’univers très personnel de Lili Boulanger. D‘un vieux jardin est caractérisé par son langage introspectif, et ses harmonies parfois dissonantes révèlent une beauté subtile. Nos sens sont ensuite séduits par Au Crépuscule de et la douceur de son écriture. Une pièce au caractère intime propice à la méditation. Le pianiste souligne la dramaturgie et son approche semble retenir le temps. Nouvel épisode convaincant avec la Pavane d’Enesco et ses accents slaves. Équilibrée dans les enchainements, la ligne mélodique apparaît raffinée et devient touchante dans les parties épidermiques du haut du clavier. Autre ambiance dans Lutins d’Aubert, page virtuose où s’entremêlent des traits colorés pleins de facétie et de mordant. La rupture de ton à mi-parcours contraste avec l’ensemble. La Valse nonchalante de Saint-Saëns met en valeur les qualités expressives du pianiste. Son toucher chaleureux s’harmonise d’ailleurs avec le chant des hirondelles qui se font particulièrement entendre à cet instant de la soirée.

Puis suivent deux chefs d’œuvre de Maurice Ravel. Tout d’abord, sa célèbre Pavane pour une infante défunte et sa mélancolie pénétrante. Cette version n’omet ni la mise en valeur des voix ni la conduite soutenue du propos. Petit bémol avec un enchainement moins réussi entre les deux thèmes principaux. Puis, Jeux d’eau, un autre incontournable ravélien, dont le réalisme semble plus vrai que nature. Le toucher délié et la technique assurée de Dehaene soulignent le merveilleux de ces pages et déroulent un panel de sonorités colorées et poétiques.

La fin du programme nous permet ensuite d’entendre deux morceaux de . La Pavane, ici dans sa transcription pour piano. Jouée de manière droite, cette interprétation ne manque pas de charme avec une ligne mélodique toute en pudeur. fait entendre une couleur obsessionnelle en fin de morceau avant le retour lumineux du thème principal. L’élégance est de mise avec une Valse-Caprice virtuose mais pas uniquement, le pianiste ne manquant pas de creuser les interrogations suggérées par la dramaturgie.

Dernière pièce du récital, la Barcarolle de Chopin prolonge la continuité des émotions subtiles, en parfaite harmonie avec l’ensemble du programme. On est à nouveau séduit par une clarté d’ensemble. La fluidité des plans sonores témoigne d’une maîtrise des timbres et de la dynamique. Le vaste mouvement ondoyant est ainsi exploité avec profondeur s’appuyant sur une pédale utilisée avec parcimonie.

En bis, le pianiste enchaîne une improvisation de Besamo mucho version Petrucciani aux accents véritablement jazz puis un morceau de Granados, Quejas o la Maja y el Ruiseñor. Une invitation vers un nouveau voyage musical qui serait à n’en pas douter passionnant.

Crédits photographiques : © Hiroshi Koike

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Aix en Provence. Musée Granet. 18-VI-2026. Florent Schmitt (1870-1958) : En rêvant, extrait de Soirs, opus 5. Lili Boulanger (1983-1918) : D’un vieux jardin, extrait de Trois Pièces. Mel Bonis (1858-1937) : Au crépuscule, opus 111. Georges Enesco (1881-1955) : Pavane opus 50. Louis Aubert (1877- 1968) : Lutins, opus 11.  Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Valse nonchalante, opus 110. Maurice Ravel (1875-1937) : Pavane pour une infante défunte; Jeux d’eau.  Gabriel Fauré (1845-1924) : Pavane, opus 50; Valse-caprice n° 1, opus 30. Frédéric Chopin (1810-1849) : Barcarolle en fa dièse majeur, opus 60. Garpard Dehaene, piano.

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