Henri Dutilleux fêté au Festival d’Auvers-sur-Oise

Concert, La Scène, Musique de chambre et récital

Auvers-sur-Oise. Eglise Notre-Dame. 24-VI-2010. Nicolas Bacri, Eric Tanguy, Guillaume Connesson, , , , , ,  : Suite Opus Auvers Opus 30. (né en 1916) : Trois strophes sur le nom de Paul Sacher ; Sonatine pour flûte et piano ; Sonate pour piano ; Prélude « Le Jeu des contraires » ; Citations (révision 2010, création mondiale), Quatuor « Ainsi la nuit ». Eliane Reyes, François Dumont, Lilit Grigoryan, , Vanessa Wagner, , Varduhi Yeritsyan, Lorène de Ratuld, Betrand Chamayou, piano ; , flûte ; , violoncelle ; Maurice Bourgue, hautbois ; Bernard Cazauran, contrebasse ; Jory Vinikour, clavecin ; Hélène Colombotti, percussions ; Quatuor Rosamonde : Agnès Sulem-Bialobroda, premier violon ; Thomas Tercieux, second violon ; Jean Sulem, alto ; Xavier Gagnepain, violoncelle

Le festival d’Auvers-sur-Oise proposait une journée en l’honneur du compositeur de Métaboles. Après une interview en présence d’autres compositeurs et d’interprètes, la soirée commençait par une œuvre pour piano écrite en son hommage, comportant neuf parties, chacune d’un compositeur différent. Sans décrire tous les «mouvements», on retiendra surtout de cette œuvre les participations de , , Karol Beffa et Régis Campo, toutes quatre emplies d’inventivité et de personnalité.

Ces pièces, bien travaillées, possèdent également une énergie qui s’accordait mieux avec l’ambiance générale de la soirée, où public et interprètes semblaient tous ravis et passionnés, que par exemple la pièce de Pascal Dusapin, qui est apparue presque vide et morbide, ou celle de , à la limite de l’improvisation. La pièce de Thierry Escaich, qui n’était pas sans rappeler la Sonate de Dutilleux lui-même, était interprétée par la magnifique , qui joua d’ailleurs par la suite avec son brio habituel le troisième mouvement de cette même sonate. Dans la pièce de , le pianiste commençait debout, sur le côté du piano, jouant de la main droite et «bloquant» littéralement certaines des cordes les plus graves de sa main gauche dans une position qui semblait somme toute plutôt inconfortable. releva néanmoins le défi avec succès, et s’avéra être un pianiste précis et très agréable à regarder jouer.

L’ensemble des pianistes fut globalement satisfaisant, comme d’ailleurs l’ensemble des interprètes de la soirée, pour la plupart assez jeunes, et tous très motivés et émus de jouer devant le maître. Le son d’ atteignit une qualité et une profondeur rares dans son exécution des Trois strophes, et l’enthousiasme de et faisait plaisir à voir dans la Sonatine. La ferveur générale des musiciens était palpable, et malgré la longueur du concert, l’on ne s’ennuya pas une seconde, jusqu’à la dernière note d’Ainsi la nuit. Le festival proposait également la création mondiale d’une révision de Citations, avec ajout d’un interlude composé par Henri Dutilleux au mois de juin. Dans ce morceau, écrit pour une formation pouvant paraître à première vue étrange (hautbois, contrebasse, clavecin, percussions), le compositeur parvient à créer une unité digne d’un quatuor à cordes, tout en innovant encore et toujours dans la gestion du rythme, du timbre, de l’espace et du mouvement. Et nous donne à penser – si l’on en doutait encore – qu’il est décidément une figure majeure et incontournable de la musique des XXe et XXIe siècles.

Henri Dutilleux © DR

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