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Saed Haddad: un tracé solitaire

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Saed Haddad, Entre les milieux, collection A la ligne, éditée par L’Ensemble 2e2m. Code barre 9 782913734098; janvier 2013; texte français/anglais; 93 pages.

 

« Mon expérience, ma pensée musicale, ma vision en tant que musicien sont indéniablement celles d’un autodidacte, inaltérées par un quelconque académisme »: cette déclaration radicale est celle de , faite au cours de l’entretien que lui accorde Jérémie Szpirglas dans ce dixième « portrait » de la collection A la ligne consacré au compositeur en résidence à l’Ensemble 2e2m.

On apprend néanmoins que a été l’élève de l’éminent au King’s College de Londres, à une époque où il a déjà beaucoup composé sans avoir véritablement trouvé sa voie. C’est à l’issue de cette rencontre déterminante qu’il dit avoir trouvé un langage neuf, exprimant la synthèse entre les éléments de la tradition arabe dans laquelle il a baigné et une écriture résolument occidentale et contemporaine, que le maître anglais l’aide sans doute à forger.

Né en Jordanie en 1972 dans une famille chrétienne catholique et venu tard à la composition, après des études de théologie et de philosophie qui l’amènent en Europe où il s’est fixé aujourd’hui, Saed Haddad signe son opus 1 en 2004 avec L’Ethique de la lumière, une pièce inspirée de la pensée d’Emmanuel Levinas. Si On Love I et La Mémoire et l’Inconnu sollicitent la présence d’instruments traditionnels – le quanûn et l’oud en l’occurrence – les pièces qui suivront (On Love II, Les deux visages de l’Orient…) prennent leur distance avec les références de musique arabe: « Si j’utilise des éléments empruntés à la musique orientale, c’est en les dissimulant soigneusement au sein d’un art purement occidental » précise alors le compositeur. C’est là sans doute la source du mystère qui habite toute l’oeuvre d’Haddad et que tente de cerner poétiquement – « La demeure de Saed Haddad » – évoquant le titre révélateur de son quatuor à cordes récemment écrit, Mirage, Mémoire, Mystère.

« Un geste dénué d’ambiguïté est une chose inexistante dans l’univers de Saed Haddad » déclare enfin Dan Alberston dans « Questions et vérités », pointant ici la maîtrise autant que la subtilité qui opèrent dans une pensée musicale fascinante nourrie de philosophie et de spiritualité.

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