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Freischütz mémorable au théâtre des Champs-Élysées

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 14-IX-2015. Carl Maria von Weber (1786-1826) : Der Freischütz, opéra en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind. Avec : Miljenko Turk, le Prince Ottokar ; Yorck Felix Speer, Kouno ; Véronique Gens, Agathe ; Christina Landshamer, Annette ; Dimitri Ivaschenko, Gaspard ; Nikolai Schukoff, Max ; Grahame F. Valentine, Samiel ; Franz-Josef Selig, un Ermite ; Christoph Liebold, Kilian ; WDR Rundfunkchor Köln ; NDR Chor Hamburg ; Orchestre symphonique de la NDR, direction : Thomas Hengelbrock

Nikolai-SchukoffUn chef-d’œuvre de l’opéra allemand donné en version de concert, avec une réussite mémorable, notamment pour et la direction de .

Berlioz et Wagner, Verdi et Schoenberg même ont trouvé dans le Freischütz la poésie et le ton du romantisme ; nous y voyons surtout aujourd’hui des problèmes scéniques et dramatiques. Aussi, il pourra sembler étonnant que la solution retenue ce soir (version de concert avec texte de liaison remplaçant les dialogues parlés) ne soit pas satisfaisante, mais c’est un fait : le spectacle ne vit que par la puissance des numéros musicaux. Donc, au lieu d’avoir pris la peine de traduire en français les creuses tirades qui sévissaient déjà dans l’enregistrement de Bruno Weil, mieux aurait valu faire confiance (certes avec un sous-titrage plus performant…) aux dialogues originaux, qui n’ont que le tort de dire naïvement ce qu’ils ont à dire.

Si le talent du comédien n’est employé utilement que pour la scène de la Gorge aux loups, l’exécution musicale se place sur un très haut niveau. confirme les espoirs qu’a fait naître sa nomination pour la saison prochaine à la fonction inédite de « chef associé » de l’Orchestre de Paris. Car, si l’on relève quelques traits d’interprétation « historiquement informés », le chef est à la tête de son orchestre de la NDR, sur instruments modernes, une formation qui n’en a pas moins une identité sonore remarquable. Dans tous les pupitres et dans les interventions des solistes, les couleurs sont profondes et le relief constant : magie du clair de lune, vigueur mais aussi légèreté de la Valse et des chœurs cynégétiques, Gorge aux loups sèche et glaçante, autant de passages pleinement réussis.

Les deux chœurs réunis comptent une soixantaine de voix seulement, ce qui pourrait sembler insuffisant pour passer l’orchestre depuis le fond de la scène. Ils parviennent sans problème à se faire entendre et à être compréhensibles. Et leur participation est superbe, nette pour les diverses onomatopées, tonique pour les réjouissances, noble pour le finale. La distribution se montre à la hauteur des ensembles. Tous sont excellents, notamment le Kaspar d’une aisance considérable de . , toujours très soigné sur le plan expressif, ne connaît de difficultés que dans son air. Quant à , elle donne naturellement une distinction presque hors de propos à son Agathe, mais le legato suspendu de ses deux airs est digne des plus grandes interprètes du rôle.

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