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Le Parliament Choir et le Southbank Sinfonia à Notre-Dame de Paris

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Cathédrale Notre-Dame. 3-V-2016. Francis Poulenc (1899-1963) : Gloria ; Herbert Howells (1892-1983) : Behold O God Our Defender ; Ralph Vaughan-Williams (1872-1958) : Five Variants on Dives and Lazare ; Nicholas O’Neill (né en 1970) : Tu es Petrus ; Charles Gounod (1818-1893) : Messe Solennelle à sainte Cécile. Ilona Domnich (soprano), David Webb (ténor), James McOran-Campbell (baryton), Parliament Choir (Nicholas O’Neill, chef de chœur), Southbank Sinfonia, Simon Over (direction).

13139277_950850558363866_6049182031555522078_nFondé en 2000 à destination des employés du Palais de Westminster ainsi que des députés et pairs du Royaume, le a d’ores et déjà eu l’occasion de se produire en de nombreux et prestigieux lieux outre-Manche : cathédrale de Westminster, Queen Elizabeth Hall de Londres, cathédrale de Coventry… Accompagnés des jeunes professionnels du , ils étaient ce soir de passage dans une cathédrale Notre-Dame de Paris comble pour l’occasion, dans un programme croisant musique française et britannique, avec en tête d’affiche le merveilleux Gloria de .

C’était malheureusement sans compter sur les voix du , à la justesse parfois approximative et à la mise en place également déficiente. La comparaison avec le était d’autant plus saisissante que le jeune orchestre, bien qu’au son un peu « vert », réussit tout de même par moments à créer quelques beaux climats, plus grâce à la somme de quelques individualités qu’à une réelle vision d’ensemble.

Créé en 1961 par Charles Munch, le Gloria de Poulenc faisait figure de « must » de la soirée. Parure étincelante de la musique sacrée du compositeur français, il était non seulement dommage de le confier à un chœur aux voix aussi hasardeuses, mais aussi de le placer en ouverture de la soirée, ce qui ne permettait pas de savourer ce chef d’œuvre à sa juste valeur. Toutefois, la voix de la soprano solo apparut comme un éclat de pureté bienvenue, à la fois claire et lyrique sans emphase excessive. On se souviendra notamment de son premier « Domine Deus », à l’intériorité touchante.

La suite du programme permettait d’entendre deux raretés britanniques. Tout d’abord le psaume Behold, O God Our Defender de . Composée en 1952 à l’occasion du couronnement de la reine Elisabeth II, cette courte pièce pour chœur et orchestre ne sort certes pas d’un langage modal à la Duruflé, même si elle nous offre un plaisir du son et de la belle harmonie, ainsi qu’un vrai goût pour l’aplat de la couleur sonore. De plus, jouant agréablement d’une acoustique flatteuse avec cette musique – harmonies se déployant lentement –, cette œuvre réussit même à mettre en valeur les voix quelque peu fatiguées du Parliament Choir.

Grand ami de , Ralph Vaughan-Williams composa ses Five Variants on Dives and Lazare pour cordes et harpe ad. libitum en 1939, à l’occasion d’une commande de la Foire Mondiale de New-York. Basée sur une élégante mélodie traditionnelle, la pièce se développe ainsi dans un doux chatoiement modal, permettant de mettre en valeur les cordes soyeuses du Southbank Sinfonia, emmenées par leur premier violon Scott Lowry, véritable moteur émotionnel et dynamique de l’ensemble.

Succédait à ces deux pièces au caractère fraternel une très courte création – deuxième audition tout de même –, un Tu es Petrus signé par le chef du Parliament Choir Nicholas O’Neill, sorte de réécriture du Viderunt Omnes de Pérotin (Notre-Dame de Paris oblige). On peine toutefois à saisir la volonté profonde qu’a eu le compositeur à réécrire, parfois textuellement, des fragments de l’œuvre du maître de l’Ars Antiqua à grande force de cuivres rutilants et d’une orchestration un brin tapageuse…

Le concert se concluait avec la Messe Solennelle de Sainte Cécile (1851-1855) de , œuvre malheureusement sans réelle saveur. Il aura toutefois été l’occasion d’y entendre deux autres solistes en plus de la soprano : le ténor David Webb et le baryton James McOran-Campbell, tous deux trop discrets afin de réellement s’imposer sur le plateau.

En somme, une soirée malheureusement ternie par un chœur sans grand professionnalisme et une direction de (directeur musical du prometteur Southbank Sinfonia) sans aucune imagination sonore, se contentant de battre simplement la mesure. Toutefois, ce concert aura été l’occasion d’entendre une Ilona Domnich à la voix d’une belle poésie, ainsi que de pouvoir goûter au Gloria de Poulenc dans l’opulence et la lumière de sa force orchestrale.

Crédit photo: Le Parliament Choir et le Southbank Sinfonia en répétition à Notre-Dame de Paris. © Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris.

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