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Baroque et Britten, Mark Padmore à la Radio Bavaroise

La Scène, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Munich. Prinzregententheater. 23-X-2016. Jan Dismas Zelenka (1679-1745) : Lamentation du Jeudi saint ; Georg Philipp Telemann (1681-1767) : cantate Ach Herr, strafe mich nicht ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : cantate BWV 55 ; Benjamin Britten (1913-1976) : Sinfonietta op. 1 ; Sérénade pour ténor, cor et cordes. Mark Padmore, ténor ; L’Accademia Giocosa ; Orchestre Symphonique de la Radio bavaroise ; direction : Duncan Ward.

brso-sk-padmoreD’un répertoire à l’autre, Padmore est un maître du mot chanté.

est aujourd’hui, avec Ian Bostridge, le plus brillant représentant de la riche tradition britannique de ténors dont Peter Pears est en quelque sorte la figure tutélaire : des musiciens intelligents, dont la carrière passe au moins autant par le concert que par la scène, et qui savent accorder au texte une place fondamentale. Dans le cadre d’une résidence à l’Orchestre de la Radio bavaroise, Padmore montre au cours de ce concert la variété de ses talents.

Dans la première partie, accompagné par une formation baroque composée largement de membres de l’orchestre, Padmore interprète trois œuvres sacrées composées en l’espace d’une bonne décennie en Allemagne du Nord : si sa voix est encore un peu tendue pour le chef-d’œuvre de Zelenka, il montre chez Telemann et surtout chez Bach son sens presque halluciné du mot proféré, loin de la distinction compassée trop souvent associée à la musique religieuse : une telle interprétation montre au contraire combien les enjeux émotionnels des cantates de Bach sont universels.

La seconde partie, dévolue à Britten, voit le retour de l’Orchestre de la Radio bavaroise sous ses formes habituelles quoique chambristes. La Sinfonietta de jeunesse est dirigée avec fougue et humour par le jeune chef , mais elle n’est qu’un hors-d’œuvre avant la merveilleuse Sérénade qui voit Padmore dialoguer avec le cor de Carsten Duffin, soliste de l’orchestre. De l’Élégie de Blake au chant funèbre d’un poète médiéval, les deux solistes livrent des trésors de poésie sonore, avec un sens admirable du clair-obscur, sur le ton de la confidence intime. , ce choix de programme en est la preuve, est un véritable interprète-créateur, un de ces musiciens qui savent révéler la musique qu’ils interprètent dans la radicale lumière de leur force première.

Crédits photographiques : © Bayerischer Rundfunk

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