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Lucia par Nicolas Joel fait son retour à Toulouse

La Scène, Opéra, Opéras

Toulouse. Théâtre du Capitole. 23-V-2017. Gaetano Donizetti (1797-1848) : Lucia di Lammermoor opéra en trois actes sur un livret de Salvatore Cammarano d’après La Fiancée du Lammermoor de Walter Scott. Mise en scène, Nicolas Joël ; décors, Ezio Frigerio ; costumes, Franca Squarciapino ; lumières, Vinicio Cheli. Lucia,Nadine Koutcher ; Edgardo, Sergey Romanovsky ; Enrico, Vitaly Bilyy ; Raimundo, Maxim Kuzmin-Karavaev ; Arturo, Florin Guzgâ ; Alisa, Marion Lebègue ; Normanno, Luca Lombardo. Chœur du Capitole, direction Alfonso Caiani. Orchestre National du Capitole de Toulouse ; direction musicale, Maurizio Benini.

lucia capitole patrice ninPrès de vingt ans après sa création, cette mise en scène hollywoodienne, et désormais « vintage » de Lucia di Lammermoor fait son retour au Capitole. À la tête d’une belle distribution, la Lucia sublime de succède triomphalement à Annick Massis.

Cette mise en scène de Nicolas Joël, qui date de 1998, fit en son temps la gloire de la scène toulousaine, en raison notamment du fait qu’elle avait produite en partenariat avec le Met. Aujourd’hui les décors, les costumes et les lumières nous paraissent quelque peu décalés par rapport au dépouillement extrême de beaucoup de mises en scène actuelles. Avec un fond de scène en toile peinte représentant un château gothique au clair de lune, des tours mobiles très ouvragées dans le style troubadour, des costumes rappelant l’époque Louis XIII, des lumières dorées centrées sur les personnages principaux, on aurait presque l’impression de se retrouver dans un film hollywoodien des années 50, avec Errol Flynn en Robin des Bois ou Robert Taylor en Ivanhoé… On considérera que ce retour en arrière rafraîchit sainement la mémoire, ou bien que tant d’abondance de biens nuit finalement à la création de l’atmosphère dramatique que l’on attendrait.

Musicalement, le plateau est exceptionnel par son homogénéité. Raimundo, interprété par , possède une voix de velours propre à souligner l’onction ecclésiastique dont pâtit Lucia. Chez les ténors Arturo, joué par Florin Guzgã, est peut-être un peu sur la réserve mais Edgardo, que chante , est absolument parfait : voix agile et timbre séduisant, jeu théâtral particulièrement expressif. Vitaliy Bilyy, en Enrico, est impressionnant autant par sa conviction dramatique que par la puissance vocale de son instrument, qui de plus ne manque pas de rondeur. est quant à elle une superbe Lucia : sa technique sans défaut lui permet de camper une héroïne toute en douceur et en tendresse, sa voix pure et sans vibrato excessif restituant au personnage son aspect le plus bouleversant.

Le chef d’orchestre sert cette distribution avec énergie et fait montre tout au long de la soirée d’une direction inspirée, toute en contrastes.

Crédit photographique : © Patrice Nin

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