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Christian Thielemann et la Staatskapelle de Dresde au TCE

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 29-V-2018. Carl Maria von Weber (1786-1826) : Obéron, ouverture ; Franz Liszt (1811-1886) : Concerto pour piano et orchestre n° 2 en la majeur S.125 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n° 4 en mi mineur op. 98. Denis Matsuev, piano. Sächsische Staatskapelle Dresden, direction : Christian Thielemann

4808 (1)L’orchestre de la et son actuel directeur musical, , offrent au public parisien un concert dans la plus pure tradition romantique germanique, convoquant Weber, Liszt et Brahms. 

L’Ouverture d’Obéron de Weber impressionne dès les premières notes du symbolique cor solo, par la rondeur de sa sonorité, la souplesse du phrasé, autant que par la douceur et l’élégance des cordes bientôt relayées par une clarinette enchanteresse s’inscrivant progressivement dans un crescendo parfaitement mené. Aucune lourdeur, ni rudesse, ce soir, dans la direction de qui laisse respirer l’orchestre dans une lecture souple, parfois presque galante, sans toutefois occulter les différentes facettes de l’œuvre, tantôt mystérieuse ou incantatoire, tantôt lyrique, exemple alors du plus pur bel canto orchestral, où la d’emblée fait montre de sa cohésion, de son engagement et de l’excellence de ses pupitres.

Changement d’ambiance pour le très rhapsodique Concerto pour piano n° 2 de . Ni véritable concerto, ni véritable poème symphonique, c’est une œuvre peut-être plus émouvante que virtuose, où la ligne mélodique domine, sur le ton de la confidence et de la méditation, dans une succession d’états d’âme dont parvient à rendre toute la richesse par la variété de son jeu, admirablement soutenu par la direction très attentive et complice de Christian Thielemann. Une interprétation très équilibrée entre soliste et orchestre, claire et dynamique, à laquelle donne tout son relief et sa tension par l’éclat, la souplesse et l’engagement de son jeu, oscillant entre une virtuosité parfois très appuyée et une méditation poétique et élégiaque chargée d’émotion. Une lecture qui séduit de bout en bout, avec deux mentions particulières pour le cor et le violoncelle solos spécialement convaincants dans leurs dialogues avec le soliste. Deux bis empruntés à Rachmaninov et Sibelius concluent cette très belle prestation.

Après la pause, la Symphonie n° 4 de Brahms charme, là encore, par son allant, par sa clarté rendant parfaitement audibles tous les contrechants, par sa densité sonore (violoncelle centraux, soutenus par les contrebasses placées immédiatement derrière), par ses contrastes, ses nuances et ses couleurs d’automne totalement brahmsiennes. Élève de Karajan, le chef allemand connaît son Brahms sur le bout des doigts (rappelons qu’il a déjà enregistré une intégrale de ces symphonies, avec ce même orchestre en 2012-2013 pour le label C Major). Il nous livre, de cette ultime symphonie, une interprétation qui s’inscrit clairement dans la tradition germanique, en en gommant toutefois toute lourdeur, valorisant plutôt l’élégance du trait, sachant rester au plus près de la partition dans une progression naturelle où transparaît avec fidélité la personnalité de Brahms, fruit d’un savant mélange d’élans conquérants et de méditation contemplative.

En bis, retour à Weber avec l’Ouverture d’Euryanthe afin de conclure en beauté ce concert qui vaut autant par la prestation magistrale de la phalange saxonne que par l’admirable interprétation du Concerto pour piano n° 2 de Liszt sous les doigts du virtuose russe , « Capell-Virtuos » de l’orchestre.

Crédit photographique : Christian Thielemann © Matthias Creutziger

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